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Redemption de Crusz

chronique d'album
Dans tous les films de Sergio Leone, les héros possèdent, de manière latente ou manifeste, une petite musique, une comptine qui renvoie l'action présente à  un hors champ nostalgique toujours "moteur". Le présent s'y comprend grâce à  un mysté-rieux passé qui ne se dévoile qu'à  la fin du film. Mais qu'on ne s'y trompe pas, c'est bien cette rengaine venue du passé qui donne toute la chair au film en lui fournissant le désir qui y préside... Même si comme pour tout antienne, la répétition fait du présent une forme d'insoluble névrose. Parler de Sergio Leone et de répétition n'est absolument pas gratuit en ce qui concerne le Redemptionde Crusz, et cela pas seulement parce qu'il cite explicitement la musique composée par Ennio Morricone pour Il Était Une Fois Dans L'Ouestdans Alone, morceau d'ouverture de cet album électronique qui tourne forcément en boucle(s). C'est que la musique de Crusz est immédiatement mélancolique, chaque morceau construit comme un court métrage réalisé pour défier le passage du temps, ou lui rendre hommage. Au choix. Des cordes intimistes de Anaxaà  l'exubé-rante emphase de Redempion, en passant par les ballades dou-cement torturées de I'm Wasp, tout le disque semble venir d'un autre temps, celui où des synthés criards étaient arrangés à  la manière des opéras. Les voix et les rythmes nous ramènent quant à  eux à  un présent tout ce qu'il y a de plus disco, electro ou r'n'b. Certes, cela peut tourner au space opera (I Love U) ou carrément au vinaigre, genre journal intime un poil tiré en longueur (Diary Of A Mad Man), mais quand la ritournelle nous amène à  fleur de peau (Under My Skin), on sait que le monde sonore de Crusz excède la simple galette laser qu'on écoute, qu'il se trouvait déjà  en nous, prêt à  jaillir dès que la petite musique retentirait.
Teddy Roudaut
MAGIC RPM  #79
article extrait de :
MAGIC RPM #79 Commander ce numéro


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