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Récap' live - 21/12/11 de College

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Le 13 décembre, dans une ambiance chic et feutrée, College branchait son ordinateur au Chacha Club de Paris. Fort de son ébouriffante percée dans les charts via la BO du film Drive (sur laquelle il a placé le single A Real Hero), le machiniste David Grellier nous a offert vingt-huit minutes d'un simili-live pour privilégiés. [Compte-rendu Elvire Camus & Arnaud Aubry].

Le plus seyant dans ce genre de soirée, ce n’est ni l’ambiance – une bonne bouteille de Genépi et la fête est lancée – ni la musique – un battement synthétique régulier faisant l’affaire –, mais la qualité des tissus revêtus par les invités. Les soirées classes, il n’y a que ça de vrai. Et quoi de plus classe qu’une soirée au Chacha. On avait donc ravalé notre apriori chagrin sur cette discothèque huppée où un billet de cinq euros achète à peine une place au vestiaire, attiré par la promesse d'un open bar champagne, mais surtout d'une musique électronique aux pulsations immarcescibles et à la tonalité bleu céladon, qui réussit à marier la synth pop allemande de Kraftwerk aux premiers sursauts technoïdes de Detroit.

Pour l'open bar champagne, c'est râpé. À la place on fait la queue dans le froid, le temps que les derniers clients du restaurant du club nous laissent la place. Pas de problème, on encaisse, on est là pour la musique avant tout. Une heure et dix minutes plus tard, nous pénétrons enfin dans le saint des saints. À peine le temps de commander un drink (vodka-purée de fraise à 15 euros, un must have !) que le concert de College commence. D'emblée, sa science du beat tout en douceur, avec ses basses langoureuses et ses aplats abstraits de synthétiseurs, réchauffent nos corps refroidis par l’attente. Seul hic, regarder College en live c'est comme écouter College sur son baladeur, mais en moins bien. Le Dj assène une prestation correcte : son ordinateur est remarquablement branché et il enchaîne avec doigté ses chansons pré-enregistrées. Revers de la médaille : la monotonie gagne, et loin des finesses et des richesses de l'album Northern Council, College polit un concert répétitif qui peinerait même à défriser les dingos du logiciel Fruity Loops.

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(photo Elvire Camus)

Dans la salle (au bar quoi), un mec moderne brave méchamment la loi Evin. Des filles dansent, sans trop s’en rendre compte, devant le projecteur qui diffuse des photographies en noir et blanc et les pochettes des différentes parutions de College. "C'est une blague ou c'est vraiment le concert là ?", nous demande un grincheux à qui on répond qu'il ne faut pas s'attendre à voir quatre acharnés se déchaîner sur leurs instruments alors qu'on assiste à un concert de musique électronique griffée 1982 => 2011. "Ouah d'accord, mais je m'attendais au minimum à un synthé posé quelque part". Les arguments de l'attristé ne font pas l'unanimité, à zieuter les nanas qui se trémoussent de manière sexy et les types qui desserrent leur cravate en soie et tapent dans leurs mains.

L'ambiance installée, il est clair que tout le monde n'est là que pour une seule chanson : A Real Hero. Une personne endimanchée tend même vers le Dj nantais son Smartphone sur lequel est écrit "real hero" pour être sûr qu'il n'oubliera pas de la jouer. Mais l’absence du duo Electric Youth – qui seconde et entonne sur le titre star – pousse notre ami College à proposer une fade version instrumentale. Peu importe, en trente minutes, l'histoire est torchée et ciao. C'est ça une soirée réussie : des rebelles, des filles canons et des tissus de bonne facture. College ne semblait pas si à l'aise derrière sa vitre, mais après tout, le faste des années 80 n'est pas négociable.


Elvire Camus & Arnaud Aubry


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