En kiosque actuellement Commander

Myth Takes de !!!

chronique d'album
En voilà qui ne s'endorment pas sur leurs lauriers. Il faut dire qu'à huit, il y en a toujours un pour remuer l'autre. !!! a vite mesuré ce que pouvait représenter la concurrence des groupes venus de bien plus loin que Williamsburg. Au lieu de s'enfermer dans sa bulle new-yorkaise en compagnie d'amis déjà acquis à sa cause, le collectif remet son titre en jeu avec l'effronterie qu'on lui connaît. Les saccades et autres frictions déroutantes, qui bousculent des morceaux épiques prêts à mêler la guitare de The Edge à l'afrobeat de Fela Kuti, ne relèvent pas chez lui pas de la simple convention, quand son chanteur Nick Offer montre qu'il a vraiment du chien, là où d'autres se contentent de jouer les roquets en tenue cintrée. Malgré une voix dépourvue d'attrait, frustre même, mais complètement désinhibée, il joue à fond de cette inspiration hétéroclite qui a fait la marque de son groupe au-delà de l'appellation "disco mutante", et peut accoler Neil Tennant, Vince Clarke et Patrick Juvet dans une même série de couinements hilares. Dès le prologue de Myth Takes, sous la forme d'un démarrage abrupt conduit par une guitare très B 52's, A New Name, le morceau le plus bref de l'album, !!! s'impose comme un vrai groupe à guitares, métallique mais jamais heavy, en dépit de son insistance à rappeler qu'il n'y a jamais bien loin de Chk Chk Chk à Chakachas. Un groupe parfois presque batcave, où le cri de ralliement 50's Roll Over Beethoven s'est mué de façon obscène en... Bend Over Beethoven (!) et ses huit minutes priapiques. !!! s'impose comme une interjection avec laquelle il faudra compter et laisse même augurer d'un avenir à une scène qui hésite entre surchauffe et surplace.
Julien Welter
MAGIC RPM  #108


Réagissez

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser