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Depuis quinze ans, Andy Meecham et Dean Meredith s'amusent, avec un succès certain, à secouer les dancefloors sans souscrire aux formules établies. Figures importantes de l'acid house du début des années 90 au sein de Bizarre Inc. (le hit Playing With Knives), les deux lascars ont ouvert la voie à ce qu'il est convenu d'appeler la "leftfield house" (soit de l'electro house subtile et rétro) avec les Chicken Lips, soutenus par le Dj Steve Kotey. Ensemble, ils ont réalisé leur quota de remixes pour têtes d'affiche (Morcheeba, Playgroup, The Kills) et contribué à la prestigieuse collection Dj-Kicks, une manière de révéler leur passion pour le funk synthétique. Passion qui irradie littéralement Making Faces, troisième album du nom et sans doute le plus réussi. Pas frimeur pour un sou, le trio de Stattford s'amuse avec les références et clichés du genre, évitant les écueils de l'exercice de style grâce à une inspiration mélodique jamais prise à défaut. On aperçoit ainsi dans le scintillement de leur boule à facettes le visage sans ride de Prince (Hot Love), l'esprit rieur de Curtis Mayfield (Without Sound,Twiggy), et même un Zappa sous perfusion afro (Aim Fire). Mais si le chanteur Johnny Spencer apporte à l'ensemble une crédibilité soul (le diablement kitch et réjouissant Motion Sickness en clôture), il reste évident que ce funk-là a la peau pâle et des stickers du Tom Tom Club collés sur sa guitare à paillettes. Tout comme David Byrne, ces blancs-becs aiment porter le costume trop large de la musique noire, qui leur va à ravir.
MICHAËL PATIN
MAGIC RPM  #101


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