Et voilà que ça reprend. À peine entré dans cette année pré-électorale
qu'une bombe est lancée, un disque radical qui maltraite les artères et la
conscience, un truc qui rend con car il donne envie de s'accrocher à 2011, qui
sera forcément pire que tout. Cheveu est revenu s'immoler dans le caniveau de
l'époque, une mission que personne ne saurait remplir à sa place, même chez
Born Bad où les cinglés sont pourtant légion. Ceux qui craignent les acouphènes
peuvent passer à la chronique suivante : 1000 ne les concerne pas. On a
affaire ici à une œuvre en guerre, anti-sociale et anti-réel, qui n'a rien à
perdre donc peur de rien, et considère l'agression auditive comme un moindre
mal.
Légèrement moins stridente que la précédente (Cheveu, 2008), elle monte en intensité grâce à une débauche d'idées explosives : intrusion de quatuor à cordes en environnement post-punk (Quattro Stagioni, No Birds), flow rap dans les bas-fonds industriels (Sensual Drug Abuse), résurrection ludique du blues freak de Captain Beefheart (Push Push In The Bush Bush), et 1000 autres collisions esthétiques où la rigueur martiale et les excès de vitesse sont chargés d'humour noir et de mélancolie (La Fin Au Début, Ice Ice Baby, Impossible Is Not French, les monumentaux Charlie Sheen et Like A Deer In The Headlights). Il n'y a désormais rien de superflu dans la décharge du trio parisien, rien qui ne soit justifié par sa soif libertaire. Ceux qui sont partis trop tôt ne sauront donc jamais à quel point ce nouvel album est pop, mystérieusement et extatiquement pop par-delà l'obscénité et la fureur. 2011 peut pourrir tranquille, la drogue dont on a besoin est déjà disponible.
Légèrement moins stridente que la précédente (Cheveu, 2008), elle monte en intensité grâce à une débauche d'idées explosives : intrusion de quatuor à cordes en environnement post-punk (Quattro Stagioni, No Birds), flow rap dans les bas-fonds industriels (Sensual Drug Abuse), résurrection ludique du blues freak de Captain Beefheart (Push Push In The Bush Bush), et 1000 autres collisions esthétiques où la rigueur martiale et les excès de vitesse sont chargés d'humour noir et de mélancolie (La Fin Au Début, Ice Ice Baby, Impossible Is Not French, les monumentaux Charlie Sheen et Like A Deer In The Headlights). Il n'y a désormais rien de superflu dans la décharge du trio parisien, rien qui ne soit justifié par sa soif libertaire. Ceux qui sont partis trop tôt ne sauront donc jamais à quel point ce nouvel album est pop, mystérieusement et extatiquement pop par-delà l'obscénité et la fureur. 2011 peut pourrir tranquille, la drogue dont on a besoin est déjà disponible.