En kiosque actuellement Commander

Compte-rendu live - 17/06/10 de Charlotte Gainsbourg

interviews
Mardi soir, la diaphane actrice devenue chanteuse se produisait sur la scène de la belle salle clermontoise, la Coopérative de Mai. Sis rue… Serge Gainsbourg, ce lieu avait de fortes chances d'être l'écrin rêvé pour recueillir ces “chansons que l'on chante”. La réponse en mots et en images par notre toute fraîche correspondante locale Camille Monat.

À l'origine c'était St Augustine, auteur de l'excellent album Changing Plans (2009), qui devait assurer la première partie de Charlotte Gainsbourg lors de son passage à la Coopérative de Mai. Excusé dans l'après midi pour des raisons personnelles, il est remplacé par Zak Laughed. C'est l'occasion de lever l'interrogation de la soirée quant au jeune homme : il a mué. Ce qui change globalement l'approche de ses chansons, où seul avec une guitare – électrique ou acoustique –, il propose ses petites ballades folk du même ton un peu détaché. Il prend aussi le temps de saluer l'absence regrettée de St Augustine – un bon garçon en somme – et aurait mérité d'avoir un groupe pour le seconder, histoire d'insuffler un peu plus de dynamisme, mais étant données les conditions dans lesquelles il a été appelé à jouer, on ne lui en tiendra que peu rigueur. Il en a sous la semelle.

Photobucket

Par sa situation géographique, rue Serge Gainsbourg, la Coopérative de Mai s'imposait comme le lieu idéal pour la fille du Grand Monsieur. C'est devant un public où les quadras – et leurs gosses – sont majoritairement représentés que les néons de couleur et les mini-écrans aux images totalement saturées s'allument. Les musiciens de Beck pointent alors le bout de leur nez. Il semble en revanche que la guitariste, vêtue d'un pantalon squelette, ne soit pas au courant que Halloween ne se fête pas le 15 juin en France. Mis à part cette touche burlesque, Charlotte installe rapidement l'ambiance qui nimbe son dernier disque IRM. Mais elle fait aussi partie de ces artistes dont les chansons prennent une toute autre dimension sur scène. Là où on pouvait craindre une approche trop lisse, trop polie, Charlotte n'hésite pas à taper sur un tom pour redynamiser l'affaire, contrastant ainsi avec une attitude assez statique face au micro. Alors, les arrangements plus poussés, voire plus vicieux – demoiselle en cuir oblige – donnent une intensité nouvelle aux morceaux.

Photobucket

Essentiellement occupée à interpréter des titres de son nouvel album, la chanteuse n'hésite pas à reprendre Dylan dans une version ralentie de Just Like A Woman, reprise à l'origine à l'occasion du biopic I'm Not There. Un moment de douceur parfaite pour bercer des oreilles de toute évidence déjà conquises. Puis, elle se permet de revisiter “le plus grand”. Imaginez le triptyque parfait : Charlotte qui reprend son père rue Serge Gainsbourg. Et si Couleur Café sied mal à l'ambiance doucettement mélancolique de la soirée – le sourire timide et le charme planant de la jeune femme finissent tout de même de convaincre les derniers hommes réfractaires à la douce –, L'Hôtel Particulier est pile poil dans le ton. La Française prend également le temps de nous présenter sa “première chanson hip hop”Le Chat Du Café Des Artistes. Pas sûr que le qualificatif hip hop soit vraiment adapté ici, mais l'humeur contraste bien avec Heaven Can Wait ou In The End, qui résonnèrent au tout début. Plaisant sans être transcendant, donc. En revanche, des chansons comme La Collectionneuse ou Dandelion gagnent à être vécues en live, histoire de constater à quel point la mise en scène et l'influence du jeu de lumières peuvent leur insuffler une énergie inédite. Malgré quelques longueurs, où les claviers fatiguent plus qu'ils ne ravissent, le tubesque The Songs That We Sing, tiré de 5:55, finit d'enfoncer le clou avec des paroles qui font mouche. "And these songs that you sing/Do they mean anything"... Et nous de penser que oui, on en a bien quelque chose à carrer de ses chansons.
Camille Monat


Réagissez

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser