Le mois de décemb' venu, l'heure des bilans carillonne à tous les étages. Vous connaissez déjà une partie de notre tableau d'honneur des albums, singles et autres groupes de 2009, le détail restant à découvrir dans le cinquième volume de Hors-série 365 Chroniques actuellement en kiosque. Dans ce même numéro, vous trouverez aussi les portraits de nos dix personnalités de l'année, de Dayve Hawk à Benjamin Biolay en passant par Steve Beckett ou... Caroline Polachek ! Nous y voilà. Voici le profil nourri de la craquante enchanteuse de Chairlift.
Certes, elle aurait aussi pu être saluée l’an passé. Pour sa seule présence satinée, ses vocalises souples en toutes circonstances, sa moue ourlée qui n’a d’égale que sa plume trempée dans des décoctions enfantines. Mais en 2009, Caroline Polachek s’est révélée au-delà de ce que la nature lui a gracieusement accordé. Au-delà de son talent de dénicheuse de sons en 3D, comme brillamment illustré sur le premier album de Chairlift, Does You Inspire You (2008). Caroline, l’as de trèfle qui pique les cœurs de la rédaction de magic, est tout simplement, n’ayons pas peur des mots, un génie. Qui s’ignore, de surcroît. D’abord, par essence, la demoiselle n’est pas comme les autres. Son aura de papillon qui a percé sous l’écorce revêche du loser lui offre une assurance poétique qu’on retrouve rarement ailleurs. Gamine, Caroline préfère en effet user ses jupettes sur les bancs des cours de musique. Après le bac, encouragée par son beau-père belge, la jeune étudiante n’hésite pas à s’envoler en solo vers cette terre étrangère pour y suivre des cours d’art plastique. Là, elle peaufine son goût du beau bizarre, et s’éveille à la pratique du français, comme en témoigne Le Flying Saucer Hat, titre yaourt proposé en bonus de la réédition printanière de Does You Inspire You (signature chez Columbia et placement pub iPod nano obligent).
L’expérience belge, confirmée par un crochet à NYU, porte aujourd’hui ses fruits dans l’approche visuelle particulièrement innovante que la belle prodigue à son groupe. Après s’être fait les kanines sur le glaçant film d’anticipation de Planet Health (2008), Polachek s’attaque à la direction artistique du bondissant Evident Utensil, premier devant Kanye West dans la course à l’utilisation du datamosh, une hallucinante technique numérique qui chiffonne les écrans. À l’autre bout du spectre, sa réalisation suivante (la vidéo de Ceiling Wax) repose sur un seul plan fixe de six minutes d’une sobriété et inventivité exemplaires. Où qu’elle se trouve – surtout où on ne l’attend pas –, cette touche-à-tout se meut avec la même décontraction, la même absence apparente de calcul au volant de ses nombreux projets. Folle de Paris, il n’est pas rare de croiser l’apprentie Dj dans les lieux interlopes où elle met sa notoriété à profit pour ses amis de passage (Violens ou John Maus, le nouveau claviériste de tournée de Chairlift). Effet involontaire de cette générosité, la fêtarde cumule les collaborations inabouties avec l’essentiel du landerneau brooklynien : Holy Ghost!, Sebastian Blanck, Yeasayer, Acrylics, Boy Crisis, Jorge Elbrecht…
Seuls un slow kravitzien en diable avec Lightspeed Champion (Heavy Purple) et l’irrésistible single Big Bills de Flosstradamus, nanti de ses lyrics à tiroirs, ont été menés à bien en hiver dernier. Cette féministe chic et sans chichis participe aussi à Girl Crisis, collectif vocal partagé avec sept copines de Telepathe ou Class Actress, à l’activité aussi parcimonieuse que son univers est singulier – en guise de vidéographie, tout juste deux reprises carmélites de Wicked Game de Chris Isaak et Smooth Operator de Sade, à mille lieues de la branchitude environnante. Mais sa véritable réussite, Caro l’a réservée à l’élu de son cœur, le beau Jorge de Violens. Une proposition de remix comme le groupe en a souvent collectionné cette année (de Telepathe à Phoenix) s’est transformée en un abracadabrant clip. “Mon fil rouge était le suivant : le passé reprenait le futur dans le présent !”, nous expliquait-elle au cours de la longue épopée promotionnelle qui a emmené le trio en première partie des Killers, Grizzly Bear et autres Phoenix.
Avec toute la fraîcheur de sa vision émerveillée du monde, elle a eu l’idée d’exhumer des vieilles images de clips de George Michael pour les superposer aux accords de l’antienne Already Over, mettant ainsi en évidence une troublante et inattendue gémellité vocale entre Jorge et son quasi homonyme. Muse de Marc Jacobs, férue de biologie et de chants grégoriens, la belle brune n’a pas fini de dévoiler les maintes facettes de sa personnalité protéiforme. Prochaine étape : un nouvel album de Chairlift enregistré dans le désert. On lui signe d’ores et déjà un Polachek en blanc.
Certes, elle aurait aussi pu être saluée l’an passé. Pour sa seule présence satinée, ses vocalises souples en toutes circonstances, sa moue ourlée qui n’a d’égale que sa plume trempée dans des décoctions enfantines. Mais en 2009, Caroline Polachek s’est révélée au-delà de ce que la nature lui a gracieusement accordé. Au-delà de son talent de dénicheuse de sons en 3D, comme brillamment illustré sur le premier album de Chairlift, Does You Inspire You (2008). Caroline, l’as de trèfle qui pique les cœurs de la rédaction de magic, est tout simplement, n’ayons pas peur des mots, un génie. Qui s’ignore, de surcroît. D’abord, par essence, la demoiselle n’est pas comme les autres. Son aura de papillon qui a percé sous l’écorce revêche du loser lui offre une assurance poétique qu’on retrouve rarement ailleurs. Gamine, Caroline préfère en effet user ses jupettes sur les bancs des cours de musique. Après le bac, encouragée par son beau-père belge, la jeune étudiante n’hésite pas à s’envoler en solo vers cette terre étrangère pour y suivre des cours d’art plastique. Là, elle peaufine son goût du beau bizarre, et s’éveille à la pratique du français, comme en témoigne Le Flying Saucer Hat, titre yaourt proposé en bonus de la réédition printanière de Does You Inspire You (signature chez Columbia et placement pub iPod nano obligent).
L’expérience belge, confirmée par un crochet à NYU, porte aujourd’hui ses fruits dans l’approche visuelle particulièrement innovante que la belle prodigue à son groupe. Après s’être fait les kanines sur le glaçant film d’anticipation de Planet Health (2008), Polachek s’attaque à la direction artistique du bondissant Evident Utensil, premier devant Kanye West dans la course à l’utilisation du datamosh, une hallucinante technique numérique qui chiffonne les écrans. À l’autre bout du spectre, sa réalisation suivante (la vidéo de Ceiling Wax) repose sur un seul plan fixe de six minutes d’une sobriété et inventivité exemplaires. Où qu’elle se trouve – surtout où on ne l’attend pas –, cette touche-à-tout se meut avec la même décontraction, la même absence apparente de calcul au volant de ses nombreux projets. Folle de Paris, il n’est pas rare de croiser l’apprentie Dj dans les lieux interlopes où elle met sa notoriété à profit pour ses amis de passage (Violens ou John Maus, le nouveau claviériste de tournée de Chairlift). Effet involontaire de cette générosité, la fêtarde cumule les collaborations inabouties avec l’essentiel du landerneau brooklynien : Holy Ghost!, Sebastian Blanck, Yeasayer, Acrylics, Boy Crisis, Jorge Elbrecht…
Seuls un slow kravitzien en diable avec Lightspeed Champion (Heavy Purple) et l’irrésistible single Big Bills de Flosstradamus, nanti de ses lyrics à tiroirs, ont été menés à bien en hiver dernier. Cette féministe chic et sans chichis participe aussi à Girl Crisis, collectif vocal partagé avec sept copines de Telepathe ou Class Actress, à l’activité aussi parcimonieuse que son univers est singulier – en guise de vidéographie, tout juste deux reprises carmélites de Wicked Game de Chris Isaak et Smooth Operator de Sade, à mille lieues de la branchitude environnante. Mais sa véritable réussite, Caro l’a réservée à l’élu de son cœur, le beau Jorge de Violens. Une proposition de remix comme le groupe en a souvent collectionné cette année (de Telepathe à Phoenix) s’est transformée en un abracadabrant clip. “Mon fil rouge était le suivant : le passé reprenait le futur dans le présent !”, nous expliquait-elle au cours de la longue épopée promotionnelle qui a emmené le trio en première partie des Killers, Grizzly Bear et autres Phoenix.
Avec toute la fraîcheur de sa vision émerveillée du monde, elle a eu l’idée d’exhumer des vieilles images de clips de George Michael pour les superposer aux accords de l’antienne Already Over, mettant ainsi en évidence une troublante et inattendue gémellité vocale entre Jorge et son quasi homonyme. Muse de Marc Jacobs, férue de biologie et de chants grégoriens, la belle brune n’a pas fini de dévoiler les maintes facettes de sa personnalité protéiforme. Prochaine étape : un nouvel album de Chairlift enregistré dans le désert. On lui signe d’ores et déjà un Polachek en blanc.
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"la craquante en chanteuse"...n´importe quoi
si elle trouverait ca débile de la décrire comme ca
si elle trouverait ca débile de la décrire comme ca