Il aurait été dommage de ne pas profiter du boui-boui entre MGMT et Violens pour prendre des nouvelles de Chairlift, autre groupe stellaire qui gravite dans la galaxie brooklynienne. Désormais seule aux commandes avec l'ami Patrick Wimberly, l'égérie du giron new-yorkais Caroline Polachek se confie avec gourmandise sur un deuxième album qu'elle fignole en ce moment même à Londres. De sa relation nourrissante avec Jorge Elbrecht (Violens) à son amour pour la collaboration, en passant par une infection imaginaire et le jazz de supérette. {Interview Jean-François Le Puil}.
Magicrpm : Pour quand prévois-tu la sortie du deuxième album de Chairlift ?
Caroline Polachek : Printemps 2011, aux environs du mois de mars.
Tu as un titre en tête ?
Beaucoup trop... Mais on ne veut pas choisir tant que le disque n'est pas fini.
Deux ans après la sortie de Does You Inspire You, comment juges-tu ce premier essai ?
J'ai dû mal à l'écouter aujourd'hui. On a tellement tourné en jouant ces chansons, en en modifiant la dynamique - sur le plan des paroles, de la structure, des arrangements - que lorsque je les ré-entends, elles me paraissent incomplètes, ou trop plates. Mais je reste fière de ces morceaux, des idées, et de l'humour qui les anime. Quand nous avons réalisé ce disque, nous n'avions aucune conscience du public, on n'imaginait même pas que des gens l'entendraient en dehors de nos proches. En découlaient une certaine simplicité, de la naïveté... Parfois j'aimerais retrouver cet état d'esprit, cette fraîcheur.
Je crois savoir que tu as près de trente-cinq chansons déjà ébauchées pour l'alboume. Est-ce que tu peux me donner une idée de la tournure de ces titres par rapport à ceux de l'effort inaugural ?
Plus denses, un peu plus plus acides, plus matures. Plus dramatiques aussi. On a pris not' pied en agençant des beats pour mieux les détruire. Nous avons fait joujou avec notre "passion" pour le jazz, notre relation amour-haine avec le jazz de supermarché. Sur le premier LP, nous nous amusions avec la pop de mauvais goût, cette fois, nous faisons de même avec le jazz.
Est-ce que tu peux me décrire précisément ta nouvelle composition favorite ?
J'aurais dû mal à vraiment en choisir une, mais disons que cette semaine, ma préférée s'appelle Amanaemonesia. C'est une chanson épique avec des orgues reggae et des synthés squelettiques. Les paroles évoquent une infection imaginaire baptisée Amanaemonesia. Une maladie qui te rend complètement irresponsable et amnésique. Tu erres alentour, traversé des souvenirs cartoonesques d'atrocités historiques, en ayant toujours à l'esprit l'envie d'amour et d'échange avec les autres, mais sans aucun sentiment d'urgence, sens de la logique ou de l'écoulement du temps. Disons que ce morceau promeut les antidépresseurs pour enfants. Quand nous étions à Londres en juillet pour l'enregistrer, j'ai mis au point une chorégraphie pour aller avec dans ma chambre d'hôtel. Mon moment préféré de la danse, c'est quand il faut soudainement s'arrêter pour fumer une cigarette invisible.
Est-ce que l'ami Jorge est impliqué dans la conception du disque ?
Jorge chante un peu sur l'un des meilleurs titres. Ça sonne comme les Zombies quand lui et Patrick vocalisent ensemble. Il a aussi co-écrit un rap bizarre avec moi, mais on ne sait pas encore s'il sera bien sur l'album. Par-dessus tout, j'ai des conversations constantes et profondes avec Jorge sur la musique, cela a probablement influencé le disque plus que n'importe quoi d'autre.
Il y aura d'autres invités ?
Ohhhh oui. Évidemment, il n'y aura aucune chanson avec le mot "featuring" dans le titre, mais beaucoup d'amis vont venir faire un tour en studio.
Magicrpm : Pour quand prévois-tu la sortie du deuxième album de Chairlift ?
Caroline Polachek : Printemps 2011, aux environs du mois de mars.
Tu as un titre en tête ?
Beaucoup trop... Mais on ne veut pas choisir tant que le disque n'est pas fini.
Deux ans après la sortie de Does You Inspire You, comment juges-tu ce premier essai ?
J'ai dû mal à l'écouter aujourd'hui. On a tellement tourné en jouant ces chansons, en en modifiant la dynamique - sur le plan des paroles, de la structure, des arrangements - que lorsque je les ré-entends, elles me paraissent incomplètes, ou trop plates. Mais je reste fière de ces morceaux, des idées, et de l'humour qui les anime. Quand nous avons réalisé ce disque, nous n'avions aucune conscience du public, on n'imaginait même pas que des gens l'entendraient en dehors de nos proches. En découlaient une certaine simplicité, de la naïveté... Parfois j'aimerais retrouver cet état d'esprit, cette fraîcheur.
Je crois savoir que tu as près de trente-cinq chansons déjà ébauchées pour l'alboume. Est-ce que tu peux me donner une idée de la tournure de ces titres par rapport à ceux de l'effort inaugural ?
Plus denses, un peu plus plus acides, plus matures. Plus dramatiques aussi. On a pris not' pied en agençant des beats pour mieux les détruire. Nous avons fait joujou avec notre "passion" pour le jazz, notre relation amour-haine avec le jazz de supermarché. Sur le premier LP, nous nous amusions avec la pop de mauvais goût, cette fois, nous faisons de même avec le jazz.
Est-ce que tu peux me décrire précisément ta nouvelle composition favorite ?
J'aurais dû mal à vraiment en choisir une, mais disons que cette semaine, ma préférée s'appelle Amanaemonesia. C'est une chanson épique avec des orgues reggae et des synthés squelettiques. Les paroles évoquent une infection imaginaire baptisée Amanaemonesia. Une maladie qui te rend complètement irresponsable et amnésique. Tu erres alentour, traversé des souvenirs cartoonesques d'atrocités historiques, en ayant toujours à l'esprit l'envie d'amour et d'échange avec les autres, mais sans aucun sentiment d'urgence, sens de la logique ou de l'écoulement du temps. Disons que ce morceau promeut les antidépresseurs pour enfants. Quand nous étions à Londres en juillet pour l'enregistrer, j'ai mis au point une chorégraphie pour aller avec dans ma chambre d'hôtel. Mon moment préféré de la danse, c'est quand il faut soudainement s'arrêter pour fumer une cigarette invisible.
Est-ce que l'ami Jorge est impliqué dans la conception du disque ?
Jorge chante un peu sur l'un des meilleurs titres. Ça sonne comme les Zombies quand lui et Patrick vocalisent ensemble. Il a aussi co-écrit un rap bizarre avec moi, mais on ne sait pas encore s'il sera bien sur l'album. Par-dessus tout, j'ai des conversations constantes et profondes avec Jorge sur la musique, cela a probablement influencé le disque plus que n'importe quoi d'autre.
Il y aura d'autres invités ?
Ohhhh oui. Évidemment, il n'y aura aucune chanson avec le mot "featuring" dans le titre, mais beaucoup d'amis vont venir faire un tour en studio.