Personnage étrange et mystérieux, Cass McCombs est l’un des meilleurs songwriters américains apparus ces dix dernières années. Trop nombreux sont les gens de bonne volonté qui n’en ont pas été informés. Lentement mais sûrement, l’aura du Californien grandit toutefois, au fil d’une discographie en tout point sublime, qui valse de complaintes minimalistes en saillies pop, de ballades rêveuses en litanies hypnotiques, avec cette pointe de bizarrerie inexplicable qui est la marque des plus grands. Après le chef-d’œuvre Catacombs (2009), où il poussait dans ses derniers retranchements l’association entre la guitare, la basse et la batterie (banale sur le papier mais légèrement surnaturelle sur ses disques), McCombs se tourne aujourd’hui davantage vers le piano et toutes sortes de claviers pour habiller ses nouvelles chansons. Wit’s End est assurément son album le plus solaire et doux, presque insaisissable.
County Line
Saturday Song
Le pouls s’est uniformément ralenti, les mélodies s’étirent, comme engourdies après des heures de veille. Il faut se donner un peu de temps pour faire le chemin jusqu’à elles mais une fois dans nos bras, l’étreinte sera éternelle. Avec sa mélodies céleste, County Line efface les frontière entre vieux standard folk et rock sépulcral quand la sublime Lonely Doll marie orgue et glockenspiel sur une rythmique qui avance à petits pas dansants. Basée sur des motifs de piano répétitifs, Saturday Song a le romantisme naïf et sombre, comme la bande-son d’un film de David Lynch. Memory’s Stain est une valse gracieuse qui semble trébucher à plusieurs reprises, se relever et repartir lentement. Bien avant la fin de ses sept minutes hantées, Cass se tait pour laisser divaguer un hautbois à l’humeur sombre. Aux confins de l’esprit (Wit’s End, littéralement), les mélodies s’enroulent à l’infini dans les brumes d’une écriture toujours aussi narrative, qui trouve une apothéose sublime en fin de course, avec les neufs minutes de A Knock Upon The Door, ni plus ni moins que le Desolation Row de Cass McCombs. Hautbois, clarinette et banjo accompagnent souvenirs et ruminations. Et cette prière : “I am sincere/I hope to hear your knock upon my door”.
> Écoutez Wit's End en intégralité.
County Line
Saturday Song
Le pouls s’est uniformément ralenti, les mélodies s’étirent, comme engourdies après des heures de veille. Il faut se donner un peu de temps pour faire le chemin jusqu’à elles mais une fois dans nos bras, l’étreinte sera éternelle. Avec sa mélodies céleste, County Line efface les frontière entre vieux standard folk et rock sépulcral quand la sublime Lonely Doll marie orgue et glockenspiel sur une rythmique qui avance à petits pas dansants. Basée sur des motifs de piano répétitifs, Saturday Song a le romantisme naïf et sombre, comme la bande-son d’un film de David Lynch. Memory’s Stain est une valse gracieuse qui semble trébucher à plusieurs reprises, se relever et repartir lentement. Bien avant la fin de ses sept minutes hantées, Cass se tait pour laisser divaguer un hautbois à l’humeur sombre. Aux confins de l’esprit (Wit’s End, littéralement), les mélodies s’enroulent à l’infini dans les brumes d’une écriture toujours aussi narrative, qui trouve une apothéose sublime en fin de course, avec les neufs minutes de A Knock Upon The Door, ni plus ni moins que le Desolation Row de Cass McCombs. Hautbois, clarinette et banjo accompagnent souvenirs et ruminations. Et cette prière : “I am sincere/I hope to hear your knock upon my door”.
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