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Catacombs de Cass McCombs

chronique d'album
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Loin des emballements saisonniers, Cass McCombs poursuit son petit bonhomme de chemin, publiant dans une indifférence polie certains des meilleurs disques de l’époque. Compositeur de premier plan, parolier percutant et singulier, chanteur magnifique, le jeune homme ne donne quasiment pas d’interviews, réservant son temps et la primeur de son inspiration à des chansons d’une qualité supérieure, agrégées en albums qui commencent sérieusement à construire une œuvre.

Après l’immense Dropping The Writ (2008), troisième Lp épanoui quoique légèrement tordu, McCombs tutoie à nouveau les cimes d’un folk urbain doux et profondément personnel. Un peu d’écho sur une guitare rythmique, quelques harmonies vocales, Catacombs est traversé de réminiscences soniques des années 50 et 60 sans s’inscrire véritablement dans une lignée musicale bien définie, jouant avant tout sur le velours de mélodies somptueuses, détournant subrepticement les codes d’un format pourtant classique. Chez l’Américain, guitare + basse + batterie = beau bizarre tout en douceur.

L’album est ainsi partagé entre ballades chaloupées (Dreams-Vome-True-Girl, comme échappée du Blue Velvet de David Lynch, Prima Donna, Harmonia), étrangetés romantiques au cœur serré (My Sister My Spouse, You Saved My Life où une guitare slide et un synthétiseur dialoguent en paix) et longues chansons narratives où le texte semble posé sur un flot de musique presque menaçant, tout en remous sourds (Lionkiller Got Married) ou vaguelettes syncopées (immense Don’t Vote). D’ores et déjà l’un des plus beaux disques de l’année.
Vincent Théval
MAGIC RPM  #132
article extrait de :
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