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Il serait faux de prétendre que Cass McCombs chante toujours juste. Mais le charme de ce jeune Américain réside en partie dans ce chant où la candeur le dispute à  l'aplomb. Car quand on écrit des chansons aussi belles et évidentes, peu importent les détails, le tracé tremblant de mélodies fragiles, la voix de canard déplumé. Rien ne résiste au cercle vertueux d'une écriture racée et d'une instrumentation centrée sur les fondamentaux (guitare, basse et batterie). Plutôt du genre janséniste, McCombs ne s'accorde comme luxe qu'un piano et un harmonium maigrelet. À bien des égards, Aévoque les disques spontanés et merveilleux que distillait jadis le label Flying Nun, de sorties naïves et définitives ("It was much better times when the Bible was wrote") en véritables coups d'éclat pop (les nonchalants mais efficaces Bobby, King Of Boy's Townou My Master, le plus énervé What Isn't Nature). Mais Cass dévoile aussi une sensibilité presque folk sur des morceaux plus lents qui, dans leur noirceur glaçante et leur côté très urbain, évoquent le meilleur de Smog. "AIDS in Africa and cancer back home": on ne pensait pas qu'un jour quelqu'un d'autre que Bill Callahan pourrait écrire ce genre d'horreur. Notre homme ne se prive pas pour autant d'une touche de romantisme et offre avec Meet Me Here At Dawnune ballade déchirante. De toute évidence, après ce A remarquable et attachant, on est prêt à  suivre Cass McCombs jusqu'au bout de l'alphabet.
Vincent Théval
MAGIC RPM  #77
article extrait de :
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