Au fil d’une discographie tout en ruptures et en
changements de cap, l’ancien étudiant en mathématiques Dan Snaith s’efforce de
contredire un des axiomes de base de son ancienne discipline de prédilection en
démontrant que le chemin le plus direct pour relier un album à l’autre est
souvent le plus tortueux. Surgi de l’espace décidément fort peu euclidien de
son inspiration, le successeur du très pop Andorra (2007), ce grandiose
hommage moderne à la profusion mélodique et psychédélique des années 60,
apparaît, à la première écoute, comme un retour aux cadences plus rigides et
aux climats plus dépouillés de l’electro pur jus. Nulle trace ici de références
au format conventionnel de la chanson, encore moins d’un hit solaire et radieux
à la Melody Day. Proclamant haut et fort sa passion pour la dance music,
Snaith a choisi de prendre pour cette fois le parti des machines, sans pour
autant renier son amour pour l’hybridation entre sonorités organiques et
synthétiques.
Swim by Caribouband
Le résultat, aussi étonnant que captivant, semble conçu pour entraîner les mérous les plus récalcitrants sur un dancefloor des abysses. Les boucles et les structures répétitives s’enchaînent au beau milieu de textures sonores aqueuses, où les sons cristallins d’un steel-drum et les glissandos d’une harpe résonnent de manière assourdie, comme projetés depuis le fond du bocal. Dans cet aquarium musical, ce sont donc moins les structures souvent familières des morceaux qui étonnent (les pulsations de Hannibal qui rappellent de vieux échos d’Underworld ; la mélancolie métronomique de Found Out qui entretient un lointain cousinage avec Junior Boys) que la capacité de Dan Snaith à surnager dans ces eaux troubles pour finir par confectionner un univers à la fois personnel et cohérent. Et dans lequel on peut plonger la tête la première sans craindre l’hydrocution.
Swim by Caribouband
Le résultat, aussi étonnant que captivant, semble conçu pour entraîner les mérous les plus récalcitrants sur un dancefloor des abysses. Les boucles et les structures répétitives s’enchaînent au beau milieu de textures sonores aqueuses, où les sons cristallins d’un steel-drum et les glissandos d’une harpe résonnent de manière assourdie, comme projetés depuis le fond du bocal. Dans cet aquarium musical, ce sont donc moins les structures souvent familières des morceaux qui étonnent (les pulsations de Hannibal qui rappellent de vieux échos d’Underworld ; la mélancolie métronomique de Found Out qui entretient un lointain cousinage avec Junior Boys) que la capacité de Dan Snaith à surnager dans ces eaux troubles pour finir par confectionner un univers à la fois personnel et cohérent. Et dans lequel on peut plonger la tête la première sans craindre l’hydrocution.