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Encounter With… Captain Funk

archive mag décembre 1998
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Les musiques noires ont longtemps fait souffrir les artistes nippons du complexe jadis chanté par Nino Ferrer avec son Je Voudrais Etre Un Noir. Assez curieusement, Tokyo semble s'être peuplé depuis la fin des années 80 de coiffures afro grâce au hip hop de Dj Krush ou à la techno de Ken Ishii. Tatsuya Oe, lui, mène une double vie, celle d'un "salaryman" dans une des compagnies publicitaires les plus réputées (où Ken Ishii, comme ça se trouve, a également travaillé) le jour, pour mieux se transformer la nuit venue en... Captain Funk, dj résident dans un des nombreux clubs de la capitale. D'où ce premier album hyper optimiste, nourri au meilleur de la musique américaine, qui flatte à l'envie celle de danser de la part du Jackson 5 qui sommeille en chacun de nous (Blame It On The Radio). Tandis que Dawn s'adonne aux joies du minimalisme, Funk Encounter nous plonge en pleines 70's psychédéliques. Plus loin, à la suite de O.Y.M, par ailleurs remixé par l'Autrichien Christopher Just, Jam 4 P se révèle être rien moins qu'un exercice de style à la P-Funk rehaussé d'un sample du Music Non Stop de Kraftwerk. De fait, les breakbeats du Captain Funk en feraient paradoxalement un cousin transocéanique de Deejay Punk-Roc, un peu comme si l'esprit funky originel de l'Américain, émigré à Liverpool pour mieux toucher du doigt ces rythmes européens plus froids, s'était réincarné dans un Tokyoïte foudroyé par cette évidence : l'esprit du funk est en lui.

Narumi Omori

magazine num 25 article extrait de :
MAGIC RPM #25


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