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Street Vernacular
archive mag mars 2006
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On a rarement entendu un album aussi inconsistant. Une véritable punition sonore, d'autant plus insoutenable qu'elle nous est infligée par une artiste (?) qui officie en tant que professeur de musique (??) dans la vie civile. On imagine pourtant très bien la copie qu'aurait souhaité remettre Sharon Hagopian, alias Cannonball Jane : un disque aux ascendances multiples, navigant entre pop synthétique, hip hop offensif et electro rock incisif, à l'instar de The Go! Team. Mais là où les Anglais parviennent à cristalliser idéalement leurs influences pour nous offrir une musique à la fois cohérente, spontanée et excentrique, l'Américaine assemble ses idées (???) avec tant de maladresse et de vulgarité qu'il n'en ressort qu'un désordre criant, une disharmonie crispante. Entre des beats rachitiques tout droits sortis des démos de la plus minable des boîtes à rythmes, des mélodies d'une platitude si affligeante qu'elles feraient passer le dernier album de Pierre Perret pour un Greatest Hits des Beach Boys, et un chant lointain, tellement vaporeux et dénué d'intérêt qu'il frôle l'inanité, tout désole (pour le meilleur) ou irrite (pour le pire) au sein de ce patchwork inaudible. Précisons enfin que Sharon a enregistré Street Vernacular chez elle, dans son propre studio, sûrement installé dans les toilettes. Logique, donc, qu'une fois l'album terminé, on ait plus qu'une seule envie (pressante) : tirer la chasse.
JEAN-FRANÇOIS LE PUIL
article extrait de :
MAGIC RPM #98
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