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Partie prenante d'une génération dorée (Db's, Feelies, Bongos, Mission Of Burma, REM, Hüsker Dü, Minutemen,etc.) qui enflamma les États-Unis au début des années 80, Camper Van Beethoven jouait un rôle particulier : faire oeuvre de prosélytisme, concrétiser cette "musique cosmique américaine" mêlant tous les genres dont avait rêvé Gram Parsons une décennie plus tôt. Un soir de 1986, prétendument par ennui, les membres de CVB décidèrent de reprendre note par note le double album Tusk enregistré en 1979 par le mégagroupe britannique Fleetwood Mac, grand bâtisseur du rock FM. Le résultat n'est pas jugé satisfaisant. La nostalgie de cette époque bénie du rock américain allant bon train, ce projet étrange resurgit aujourd'hui. Quoi qu'on pense de Fleetwood Mac, son compositeur Lindsey Buckingham était un fin mélodiste. Et Tusk, pensé à l'époque comme un disque d'adieu, est profondément mainstream, gâté par des arrangements grotesques, mais tristes. Les musiciens de Camper Van Beethoven éclaircissent le son, nettoient dans les coins et insufflent une véracité folk (dans le sens de folklorique) à quelques chansons qui n'attendaient que ça (Never Forget, Save Me A Place, Storms). Parfois (Not That Funny), ils ne trouvent pas la porte d'entrée. Ailleurs (Sister Of The Moon), une post-production anachronique gâche tout. L'ensemble évoque curieusement Badfinger, et donne l'impression d'avoir été trop (la post-production justement) et pas assez (les arrangements) travaillé. Bizarre.
Grégory Schneider
MAGIC RPM  #69
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