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BCBG
archive mag octobre 1999
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Aimer autant Public Enemy que The Clash n'est plus une inconvenance, tout comme fusionner élégance electro et brutalité rock n'est plus une audace. Un léger sentiment de frustration émane donc de ce BCBG, premier album de Campag Velocet, que l'on aimait à s'imaginer plus subversif grâce au mirobolant premier single Dencrom Velocet Synthemesc. Le métissage musical reste malgré tout fier et arrogant, l'émulsion rap punk plutôt bien balancée, mais curieusement, les lascars ne transgressent pas suffisamment les schémas instaurés par Lo-Fidelity All Stars. Une voix profère des élucubrations nasillardes le long de bienséances baggy et autres rafales électriques, le tout sans grandes désobéissances. Si certains morceaux demeurent conventionnellement seyants (Cacaphonous Bubblegum, To Lose La Trek), l'ensemble réussit tout de même à créer un climat d'insécurité, limite inquiétant. Les instrumentaux ouvrent (enfin) la voie à des divagations "screamadelia", permettant au groupe de quitter facilités et convenances fonctionnelles au profit d'une fantaisie démoniaque et patibulaire digne du meilleur The Fall (Pike In My Life, Caught Unawares). Tout de même, rares sont les premiers albums à bénéficier d'autant d'outrecuidance et polyvalence. Que ce soit avec le touchant Vito Satan ou le protubérant Harsh Shark, Campag Velocet s'engage sans peur et sans reproche. Vivement que Pete et sa bande comprennent l'autre sens de BCBG.
Émilie Cauquy
article extrait de :
MAGIC RPM #34
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