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My Maudlin Career de Camera Obscura

chronique d'album
La ressemblance avec Belle And Sebastian n’est plus. Ces accointances musicales qu’on avait entendu sur les premiers albums de Camera Obscura, particulièrement sur l’inaugural Biggest Bluest Hi-Fi (2001), dont le single Eighties Fan avait été produit par Stuart Murdoch (pas si fictives, ces analogies), ont disparu pour ne laisser qu’un unique point commun : Glasgow. Les influences de ce quatrième Lp sont autres. Subtiles, elles écrèment le rock des années 70 ; composites, elles brassent dans une même étreinte folk traditionnel et pop alternative. Un savant mélange qui fait de ce disque une photographie d’art, figeant un moment insolite, qu’on placerait entre la spontanéité d’Henri Cartier-Bresson et le fantastique sublime de David LaChapelle.

Au premier plan, on trouverait les morceaux les plus éclatants (French Navy, My Maudlin Career et Honey In The Sun), où les trompettes font écho à la gaieté de l’orchestration et les refrains colorent allègrement la douce voix de Tracyanne Campbell. Par contraste, les chansons plus mélancoliques apparaîtraient en second. Le chant envoûtant de You Told A Lie rejoint la morosité de Careless Love, un morceau aux envolées lyriques dont les lignes de basse rappellent celles du Velvet Underground. En dehors de ce cadre, que la batterie simple mais efficace soutient, se placeraient les titres intemporels qui rappellent les seventies sans s’y complaire totalement.

Ainsi, l’improbable Swans, dont le riff entêtant paraîtrait ridicule sans l’harmonie qui l’accompagne, fait briller l’unicité de la chanteuse, entre Diana Ross et Nico. Enfin, seule tâche floue de la photo, Other Town And Cities, une rengaine interminable qui se veut intimiste mais qui n’a pour effet que de dévoiler un chant limité. Cela dit, My Maudlin Career est une œuvre plutôt osée, aux influences perceptibles et aux mélodies incongrues, mais parfaitement dosée entre un fond suranné et une forme moderne. Voilà un disque qui devrait en étonner plus d’un à sa sortie de la chambre noire.
Nina Rolland
MAGIC RPM  #130


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