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What Was Me

archive mag novembre 2002
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Des phénoménaux débuts de Beat Happening jusqu'au groove handicapé du Dub Narcotic Sound System, la voix de Calvin Johnson n'a cessé d'exterminer la médiocrité. Elle est la voix de l'Amérique libre et honnête. Et celle du fils de Lee Hazelwood. Partie du garage en passant par le dancefloor, elle ne s'était jamais présentée de manière si humble, si nue, si intime. Il y a sur Black Candy, le troisième Lp de Beat Happening, un titre a capella (Gravedigger Blues) qui donnait déjà le ton, îlot sinistre au milieu d'un jardin d'enfants. The Past Comes Back To Haunt Me est également un a capella, sauf qu'entre-temps Calvin a dû connaître des épreuves qui vous font entendre le blues avec une oreille, et surtout un coeur, différents. On dira donc qu'il est parti aux champs prendre la succession d'Alan Lomax, qu'il a pris peur de ne plus jamais pouvoir danser pour ne signer que des morceaux sur l'os. C'est toujours du punk rock, mais celui-là remonte aux années 20. Ce petit blanc trentenaire, pape de l'underground pour d'aucuns, peut ainsi se permettre de ramener des tonneaux de boues noires qui résonnent comme des torrents d'or pur. Il y avait Robert, Blind Willie, un autre Johnson vient de faire son entrée dans le blues rural et habité.

Étienne Greib

magazine num 66 article extrait de :
MAGIC RPM #66


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