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Any Downs At All
archive mag février 2003
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Il y a quatre ans, Calc réalisait un premier album engageant, Something Sweet, qui dévoilait les talents du jeune Julien Pras, chanteur-compositeur-guitariste à la sensibilité à fleur de peau et aux aspirations nord-américaines. Entre fragilité bruitiste et intimité mélodique, il faisait montre d'un savoir-faire aussi épatant que précoce, ce qu'est venu confirmer l'année suivante le dénommé Great Fun. Pourtant, rien ne laissait présager les réelles ambitions soniques dont font preuve aujourd'hui ces Bordelais avec Any Downs At All, oeuvre lumineuse où le maître des lieux s'affiche définitivement en songwriter surdoué. Ainsi, vous l'aurez compris, Calc ne se contente-t-il pas de... décalquer de glorieux aînés, mais tente bien de leur tenir tête avec un aplomb magistral et une réussite rare. Entre psychédélisme pastoral (Fields Of Plaster en ouverture) et classicisme pop (l'essentiellement acoustique Brest #4), le quintette joue ses partitions à la perfection, élargit ses horizons et multiplie les arrangements, agrémentant ses compositions de Moog, flûte traversière, piano ou Theremin. Dans sa réalisation, ce troisième Lp pourrait rappeler le Giant Steps des Boo Radleys car, au même titre que feu le groupe de Liverpool, ces gamins ne ploient jamais sous le poids de références pas forcément évidentes à revendiquer (The Beach Boys, The Beatles et consorts) et signent même des tours de passe-passe mélodiques (I Know It's A Bug et Iris In, juste imparables). Mieux, ils se payent le luxe de conclure leur album par ce qui restera sans doute comme l'un des morceaux les plus émouvants de l'année, un Drunk Operator titubant et crépusculaire, magnifique conclusion à un disque qui ne l'est pas moins.
Christophe Basterra
article extrait de :
MAGIC RPM #68
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