Il est deux types de rappers : les premiers possèdent un style rythmique précis et tranchant, les autres ont besoin d'élever le ton pour se faire remarquer. Busta Rhymes, qui depuis maintenant presque dix ans déverse son flow agressif et chaotique, appartient sûrement à la dernière famille. Pourtant, il se passe parfois de bonnes choses, par exemple sur Take It Off ou Against All Odds où les aboiements de l'intéressé font place à un rap plus sûr et minutieux sans pourtant perdre en puissance ou encore lors de ce duo rap-ragga avec Mystikal, qui feint presque le drum'n'bass. Lors d'un autre duo, anecdotique, avec Ozzy Osbourne, pour reprendre Iron Man de Black Sabbath (rebaptisé This Means War !!), il ajoute un nouveau nom à ceux de Jimmy Page, Sting et Queen sur une liste peu recommandable. Le propos même de cet Extinction Level Event se fait oublier peu à peu et, cédant à une facilité de plus, c'est Bernard Hermann, compositeur attitré d'Hitchcock, qui fait les frais sur Gimme Some More d'un pillage maladroit, galvaudé et, bien entendu hors propos. Busta Rhymes a davantage les obsessions apocalyptiques d'un James Cameron et va jusqu'à utiliser les mêmes artifices. Voilà pour eux une idée d'association, en vue d'une fin du monde qui ne pourrait être plus douloureuse.