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On a toujours eu un faible pour notre vociférateur préféré avec son Woo Hah! épileptique, les clips délirants que lui façonne Hype Williams, et ses samples d'outre-espace qu'il utilise pour ses morceaux (on a déjà eu droit à Michel Legrand, Pink Floyd, Black Sabbath, là c'est Stereolab qui passe à la moulinette...), même si à la longue tous ses albums s'affaissent, victimes d'une surcharge de mitraille vocale et de concassage rythmique harassants. Qu'on se rassure, Anarchy ne dépareille pas dans sa discographie, et propose une rafale de vingt morceaux tournant comme d'habitude autour de prophéties apocalyptiques postmillénaristes. Et comme souvent, des samples judicieux (une bonne scie des Stylistics sur Salute Da Gods, un choeur d'enfants qui vous vrille l'oreille sur Get Out) assurent des mélodies dans un déluge hardcore, que la sécheresse du flow de Ghostface & Raekwon du Wu-Tang tempère un The Heist glacial. Pour draguer le public blanc white trash, on avait déjà eu droit à un duo avec Ozzy Osbourne et une relecture d'Iron Man de Black Sabbath sur son précédent album ; là, c'est Lenny Kravitz qui s'y colle et inonde de ses riffs de guitare diurétiques un Make Noise au titre vraiment redondant. Et le temps de faire rapper ses protégés (Flipmode Squad) ou ses amis de longue date (Jay-Z, DMX), Anarchy se clôt et vous laisse pantelant, assommés par tant de furie prophétique. Avec les clips dantesques d'Hype Williams, le spectacle promet...
Joël Tanter
MAGIC RPM  #43
article extrait de :
MAGIC RPM #43 Commander ce numéro


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