Si,
comme l’a confié le vieux sage Kool Shen dans Seine-Saint-Denis Style, “le
pedigree, ça se reconnaît au débit”, alors Busdriver est de la race des
meilleurs. Capable d’expulser les mots avec la puissance d’un lion et la
régularité d’un contremaître, ridiculisant à mesure de vers les limites
respiratoires du quidam, ce Mc-hero au flow supersonique est devenu, au fil des
années, l’une des figures de proue d’un underground californien talentueux.
Présenté comme son projet le plus ambitieux, Jhelli Beam aligne effectivement quelques-unes des productions les
plus inextricables concoctées pour le rappeur au coffre démesuré, deux ans
après le déjà “aliénisant” RoadKillOvercoat.
Passé le ludique Me-Time (With The Pulmonary Palimpsets), dont l’emprunt à la Badinerie de Bach renvoie directement à son hit de 2002 Imaginary Places (c’était la Marche Turque de Mozart à l’époque), Busdriver s’aventure en pleine faune futuriste, délaissant pour de bon les instrumentations jazzy ou organiques des anciens acolytes Daddy Kev et Paris Zax pour confier les rênes de l’anticipation aux machinistes azimutés Nobody, Daedelus et Omid. Comme s’il s’était mis en tête de faire faillir le conteur théâtral en embringuant son phrasé de timbré dans les pires loopings psyché-soniques, le trio de producteurs à l’œuvre sur les trois-quarts du disque érige avec Handfuls Of Sky, Scoliosis Jones, Quebec And Back ou Do The Wop des architectures electro-dantesques inclassables, ici alourdies par une batterie frappadingue, là couvées par des mugissements synthétiques comme autant de ciels de plomb.
Et quand World Agape simplifie le propos en accompagnant la dictée de percussions endiablées par le batteur de Deerhoof Greg Saunier, Unsafe Sextet/Gilded Hearts Of Booklovers embourbe de nouveau l’auditeur dans les textures interlopes, avant que Happy Insider (avec Nick Thorburn de Islands) et Fishy Face (avec John Dietrich de Deerhoof) ne closent l’affaire à grand renfort de refrains femelles à la Subtle. D’ailleurs, au moment où Doseone fricote avec Tunde Adebimpe, l’année où Antipop Consortium et Themselves fourbissent leur résurrection, Jhelli Beam fait figure de sérieux mètre étalon en matière de rap fracturé du ciboulot. Qu’est-ce que tu dis Kool ? “C’est de la bombe baby !” T’as bien raison vieille branche.
Passé le ludique Me-Time (With The Pulmonary Palimpsets), dont l’emprunt à la Badinerie de Bach renvoie directement à son hit de 2002 Imaginary Places (c’était la Marche Turque de Mozart à l’époque), Busdriver s’aventure en pleine faune futuriste, délaissant pour de bon les instrumentations jazzy ou organiques des anciens acolytes Daddy Kev et Paris Zax pour confier les rênes de l’anticipation aux machinistes azimutés Nobody, Daedelus et Omid. Comme s’il s’était mis en tête de faire faillir le conteur théâtral en embringuant son phrasé de timbré dans les pires loopings psyché-soniques, le trio de producteurs à l’œuvre sur les trois-quarts du disque érige avec Handfuls Of Sky, Scoliosis Jones, Quebec And Back ou Do The Wop des architectures electro-dantesques inclassables, ici alourdies par une batterie frappadingue, là couvées par des mugissements synthétiques comme autant de ciels de plomb.
Et quand World Agape simplifie le propos en accompagnant la dictée de percussions endiablées par le batteur de Deerhoof Greg Saunier, Unsafe Sextet/Gilded Hearts Of Booklovers embourbe de nouveau l’auditeur dans les textures interlopes, avant que Happy Insider (avec Nick Thorburn de Islands) et Fishy Face (avec John Dietrich de Deerhoof) ne closent l’affaire à grand renfort de refrains femelles à la Subtle. D’ailleurs, au moment où Doseone fricote avec Tunde Adebimpe, l’année où Antipop Consortium et Themselves fourbissent leur résurrection, Jhelli Beam fait figure de sérieux mètre étalon en matière de rap fracturé du ciboulot. Qu’est-ce que tu dis Kool ? “C’est de la bombe baby !” T’as bien raison vieille branche.