L’idée d’un choc au sommet inattendu entre James
Mercer et Brian Burton (Danger Mouse) a germé il y a déjà six ans, lorsque le
leader de The Shins et la moitié de Gnarls Barkley se sont croisés pour la
première fois dans les coulisses d’un festival danois. Passés à l’action en
2008, les deux hommes ont pris le temps de confectionner ce premier album, à
l’abri de la rumeur et de la pression, dans le home-studio de Burton. Et même
s’il y avait beaucoup à craindre de la rencontre entre deux personnalités
contrastées dont la complémentarité ne sautait pas immédiatement aux oreilles, Broken Bells apparaît d’emblée comme une réussite majeure. Plus encore que les
deux titres précurseurs entendus sur Dark Night Of The Soul (2009),
l’ensemble impressionne ici en combinant l’évidence pop et une forme de
raffinement sonore de très haute volée. Surtout, l’équilibre entre partenaires
est constamment maintenu, sans jamais que l’osmose ne se trouve perturbée par
les tensions trop marquées entre ego.
Danger Mouse, notamment, est parvenu à se faire étonnamment discret, renonçant même à l’usage de ses samples chéris pour retrouver le plaisir du jeu live. Sans jamais outrepasser son rôle de producteur, il n’abuse jamais de son savoir-faire technique pour travestir l’univers harmonique si singulier de son complice. En admirable passeur, il se contente de l’aider à franchir des portes que Mercer avait lui-même entrouvertes sur certains des morceaux les plus ambitieux de Wincing The Night Away (2007). Les quelques enluminures disposées ça et là ne contribuent ainsi qu’à magnifier les compositions, toujours de grande qualité : rythmique funky chaloupée et cuivres morriconiens pour Vaporize ; ambiances psychédéliques et vocalises 60’s sur Sailing To Nowhere, qui évoque une version plus aboutie de Vegetables des Beach Boys.
Dans ce contexte, James Mercer semble éprouver une forme de jouissance éminemment communicative à découvrir ses capacités à évoluer sans malaise dans de nouveaux registres. Sur The Ghost Inside, il enflamme même le dancefloor avec une voix de tête d’une sensualité inattendue, telle une grenouille nerd métamorphosée en Prince charmant par la grâce d’une bise amicale de son partenaire. Alors que le très 80’s Mongrel Heart vient définitivement clore les dernières velléités de débat en soufflant majestueusement sur les cendres des mésestimés Bongos, James Mercer et Brian Burton achèvent de nous convaincre de la pertinence de leur collaboration. Au point que le duo évoque irrésistiblement le titre légèrement altéré du western spaghetti de Damiano Damiani : deux génies, deux associés, rien ne cloche !
Danger Mouse, notamment, est parvenu à se faire étonnamment discret, renonçant même à l’usage de ses samples chéris pour retrouver le plaisir du jeu live. Sans jamais outrepasser son rôle de producteur, il n’abuse jamais de son savoir-faire technique pour travestir l’univers harmonique si singulier de son complice. En admirable passeur, il se contente de l’aider à franchir des portes que Mercer avait lui-même entrouvertes sur certains des morceaux les plus ambitieux de Wincing The Night Away (2007). Les quelques enluminures disposées ça et là ne contribuent ainsi qu’à magnifier les compositions, toujours de grande qualité : rythmique funky chaloupée et cuivres morriconiens pour Vaporize ; ambiances psychédéliques et vocalises 60’s sur Sailing To Nowhere, qui évoque une version plus aboutie de Vegetables des Beach Boys.
Dans ce contexte, James Mercer semble éprouver une forme de jouissance éminemment communicative à découvrir ses capacités à évoluer sans malaise dans de nouveaux registres. Sur The Ghost Inside, il enflamme même le dancefloor avec une voix de tête d’une sensualité inattendue, telle une grenouille nerd métamorphosée en Prince charmant par la grâce d’une bise amicale de son partenaire. Alors que le très 80’s Mongrel Heart vient définitivement clore les dernières velléités de débat en soufflant majestueusement sur les cendres des mésestimés Bongos, James Mercer et Brian Burton achèvent de nous convaincre de la pertinence de leur collaboration. Au point que le duo évoque irrésistiblement le titre légèrement altéré du western spaghetti de Damiano Damiani : deux génies, deux associés, rien ne cloche !
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Cet album à la haute teneur addictive est un pur bonheur, une si belle surprise, vraiment une très belle surprise !