Après un Ep enchanteur (Building Blocks, 2008), Joe
Steer revient enfin avec un long format sous le bras. Planqué sous le prête-nom
de Broadcast 2000, ce multi-instrumentiste blotti dans sa chambre avec ses jouets
(guitares, contrebasse, violoncelle, ukulélé, glockenspiel et diverses
percussions) n’avait jamais envisagé ce projet comme une finalité en soi : ce
Londonien s’imaginait plutôt composer quelques chansons, y poser des voix
témoins et, l’heure venue, se mettre en quête d’un vrai chanteur. Ce dernier
n’est jamais venu, et Steer de publier lui-même ses chansons lumineuses et
stellaires.
En reprenant les choses là où il les avait laissées, en donnant une seconde vie à Get Up And Go et Don’t Weigh Me Down (issu du mini-Lp précité), Steer signe un disque solaire, dont on retiendra au hasard That Sinking Feeling, pas loin des premiers efforts de Owen Pallet, posée sur des guitares piquées et un violon en position de force. Une fois n’est pas coutume, c’est le violoniste Tom Hobden (Noah And The Whale) qui est venu prêter main-forte à Joe Steer. Celui-ci n’a d’ailleurs jamais rechigné à inviter des amis pour la scène mais le (home) studio, c’est son affaire. Sacrée surprise alors de constater la présence aux manettes d’Eliot James, responsable des disques maousses de Kaiser Chiefs ou de Bloc Party.
Pourtant, l’ingénieur laisse ici entière liberté à l’heureux reclus. Amplifié, le son n’est jamais gonflé, et les chansons conservent une fragilité apparente bien que parfaitement campées sur leurs bases – un joli tour de force tranquille. Et si, de prime abord, l’ensemble pêche parfois par excès de gentillesse niaiseuse, Steer livre une clé au sein de Gonna Build A Mountain : cette comptine optimiste (“I’m gonna build a mountain”) est soudainement trahie par l’irruption de la lucidité (“But I don’t know how”). Belle preuve de l’entre-deux dans lequel se situe Broadcast 2000, entre optimisme béat et perfectionnisme minutieux, sourire enfantin et gravité plus adulte.
En reprenant les choses là où il les avait laissées, en donnant une seconde vie à Get Up And Go et Don’t Weigh Me Down (issu du mini-Lp précité), Steer signe un disque solaire, dont on retiendra au hasard That Sinking Feeling, pas loin des premiers efforts de Owen Pallet, posée sur des guitares piquées et un violon en position de force. Une fois n’est pas coutume, c’est le violoniste Tom Hobden (Noah And The Whale) qui est venu prêter main-forte à Joe Steer. Celui-ci n’a d’ailleurs jamais rechigné à inviter des amis pour la scène mais le (home) studio, c’est son affaire. Sacrée surprise alors de constater la présence aux manettes d’Eliot James, responsable des disques maousses de Kaiser Chiefs ou de Bloc Party.
Pourtant, l’ingénieur laisse ici entière liberté à l’heureux reclus. Amplifié, le son n’est jamais gonflé, et les chansons conservent une fragilité apparente bien que parfaitement campées sur leurs bases – un joli tour de force tranquille. Et si, de prime abord, l’ensemble pêche parfois par excès de gentillesse niaiseuse, Steer livre une clé au sein de Gonna Build A Mountain : cette comptine optimiste (“I’m gonna build a mountain”) est soudainement trahie par l’irruption de la lucidité (“But I don’t know how”). Belle preuve de l’entre-deux dans lequel se situe Broadcast 2000, entre optimisme béat et perfectionnisme minutieux, sourire enfantin et gravité plus adulte.