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Rue Saint-Louis-En-L'Ile de Brigitte Fontaine

chronique d'album
Quant on veut nous faire croire que la seule alternative à  la chanson musette et son Paris de carte postale se présente sous la forme d'enregistrements francophones pour bobos tellement fades que leur seule utilité consiste à  nettoyer la tête de lecture d'une chaîne hi-fi tournant à  vide dans un loft jouxtant le canal Saint-Martin, il reste toujours Brigitte Fontaine. Brigitte et sa voix de crotale qui rend hommage à  Simone de Beauvoir et à  ses amours transatlantiques (La Chanson De Simone, exécutée sans sourciller en anglais), mais surtout Brigitte et sa propension à  transformer les salons de son île Saint-Louis en bouges de la Porte de Clignancourt, par la seule force de rimes aussi énormes que sa nouvelle coupe de cheveux ("Nous irons au Cap Fréhel/Pour devenir immortels"). Comme requinqué, Rue Saint-Louis-En-L'àŽle démarre pied au plancher, par un Betty Boop En Aoûtporté par un riff de guitares digne du Cendrillonde Téléphone, le genre de bêtises (la sucrerie, pas l'insulte) tellement improbables qu'elles ne seront jamais à  la portée des Wampas. D'une forme plus ramassée que Kékéland (2001), ce nouvel album se permet néanmoins les habituels coups de rétroviseurs chers à  Brigitte Fontaine, plus (une relecture assez fidèle du Nougat, publié à  l'origine sur French Corazon, en 1990) ou moins décoratifs (Folie, belle et consistante ode au piano et possible réminiscence de Brigitte Fontaine Est Folle, son premier Lp enregistré pour Saravah en 1968). Il n'en est que plus réjouissant.
Julien Welter
MAGIC RPM  #84
article extrait de :
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