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Don't Be Frightened Of Turning The Page de Bright Eyes

chronique d'album
On n'ose pas trop deviner ce qui a pu arriver au jeune Conor Oberst au cours de son enfance pour en arriver là. La tête pensante et surtout pleurante de Bright Eyes, tout juste âgée de vingt-deux ans et déjà cinq albums à son actif, nage dans le psychodrame. Avec une interprétation qui oscille entre extase violente et hystérie auto-dépréciative, les chansons de Don't Be Frightened Of Turning The Page ne sont qu'histoires d'innocence perdue, descente aux enfers, quête de libération. "...I'm deserving it/The champion of idiots", gémit Oberst pour en rajouter une couche. Ce mini-album de six titres, six compositions somme toute plutôt basiques, est servi par des arrangements qui, même s'ils sont prévisibles, ne manquent pas de profondeur et collent assez bien aux tremolos d'Oberst : mellotron et pedalsteel, beaucoup de claviers et, bien sûr, d'inévitables crescendos (No Lies, Just Love, Kathy With A K's Song). Ce jeune névrosé fait penser à certaines personnes que l'on croise parfois et qui ont l'air tellement au bout du rouleau que l'on n'ose pas même risquer une plaisanterie de peur de les voir fondre en larmes. De tels accents de sincérité, s'ils ont quelque chose d'éprouvant à l'écoute, sont assez rares pour être salués. Pourvu qu'il ne se mette pas aux antidépresseurs...
Gilles Duhem
MAGIC RPM  #50
article extrait de :
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