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Gettin' In Over My Head de Brian Wilson

chronique d'album
Autant prendre le taureau par les cornes (ou, dans le cas présent, la planche de surf par le leach) : avait-on VRAIMENT besoin, en l'an 2004, d'un nouvel album signé Brian Wilson ? On le sait : de ce cerveau malade, de cet esprit paranoïaque, sont nées quelques-unes des plus audacieuses compositions de l'histoire de la pop, des symphonies miniatures capturant la quintessence d'un état d'esprit, faisant oeuvre de bande-son d'une époque fantasmée que d'aucuns auraient rêvée éternelle. Pour services rendus à  la nation, il faudrait donc fermer les yeux et célébrer la sortie de Gettin' In Over My Headcomme un événement majeur de ce nouveau millénaire. On préférera se boucher les oreilles et éviter de souffrir ces parodies des chansons datant de la splendeur passée. Conçu telle une réunion d'anciens élèves avec les présences de Sir Paul McCartney (oubliée, la légendaire compèt' pour savoir lequel était le plus balèze en harmonies), Sir Elton John (le fan éternel, ébaubi de croiser celui qu'il reconnaît comme son maître) ou Eric Clapton (dont la guitare décidément trop bavarde orne un City Bluesqui file justement le blues) - même le légendaire graphiste Peter Blake a été appelé au chevet de la pochette -, ce troisième Lp crédité au seul Brian sent surtout le "bon coup" marketing, alors que l'homme écume les scènes du monde entier pour redonner vie à  ses succès et s'apprête enfin à  réaliser son légendaire Smile. Si ce disque se pose là  pour faire mentir un vieux dicton (c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures confitures), il laisse bien à  penser que son auteur est, lui, devenu sourd comme un pot. Ou alors, comment a-t-il pu concevoir un titre aussi désespérant de niaiserie que Rainbow Eyes, imaginer une ballade, chantée en compagnie de l'ex-Beatles, aussi insipide que A Friend Like You, laisser un ignoble saxophone défigurer une pourtant chouette mélodie, celle de Soul Searchin', interprétée avec son frère, le regretté Carl Wilson, décédé en 1998 et dont la voix avait été enregistrée au milieu des 90's. Placés en toute fin de parcours (du combattant), seuls le touchant Don't Let Her Know She's An Angelou le titubant et caustique The Waltz, aux paroles co-écrites par le génial Van Dyke Parks, sauvent ce disque de la noyade. D'une justesse souvent approximative (un comble), rappelant plus souvent le pire de Billy Joel que le meilleur des Beach Boys, ce Gettin' In Over My Headressemble fort à  une oeuvre conçue par-dessus la jambe...
Christophe Basterra
MAGIC RPM  #83
article extrait de :
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