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A priori, c’était une bonne nouvelle. Les pionniers de la nouvelle diaspora québécoise qui avaient pris en otage les charts de l’été 1998 avec leur hymne slacker Drinking In L.A., faisaient leur retour surprise. Injustement coulé avec le navire Grand Royal, leur épatant second album, Discosis (2001), semblait avoir précipité le collectif hyperextensible vers une fin prématurée. C’était sans compter l’effet fédérateur du festival Coachella, où les zozos firent par hasard leurs retrouvailles il y a deux ans. Le groupe est donc reparti pour un tour, après une éternité d’absence. Et cela s’entend. Le compteur de James Di Salvio et sa ribambelle de grands enfants attardés n’a pas cillé des années 90, quand la seule récupération de certains genres oldschool (house, soul, reggae, hip hop) suffisait en soi à titiller les esprits curieux. L’essentiel de Rosé est ainsi cousu de samples attendus (Detroit Spinners, Piaf), de gros phat beats plaqués sur des chanteuses/Mc’s patauds au message simplet et funky – on y apprend ainsi que l’amour vaincra et que le ghetto, c’est pas cool. Mais tout cela n’empêcherait personne de dormir si les Montréalais avaient gardé leur proverbiale fraîcheur pour composer des pop songs malines et pétillantes comme Astounded, leur bras de fer cosmique avec Curtis Mayfield. Mais, aussi mystérieusement que les abeilles du grand Ouest américain, l’inspiration de Di Salvio & Co s’est évaporée en chemin, entre la Jamaïque et Santa Barbara. La formule 3000 a de l’huile sous les pneus.

Estelle Chardac
MAGIC RPM  #123


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