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Repéré avec Hymns For A Dark Horse (2008), un premier album qui sentait bon le folk hirsute et pastoral, Bowerbirds revient pour s’incruster durablement dans le paysage. Phil Moore (barbu mais propre sur lui) et Beth Tacular (jolie comme un cœur) se sont adjoints les services d’un batteur, et c’est en trio que cet Upper Air de haute volée a été conçu. La mise en son frugale mais chaleureuse (violon, accordéon, guitare sèche, rythmique rudimentaire, harmonies vocales discrètes) sublime des mélodies qui font chaud au cœur. Ce mélange de rugosité, de souplesse et d’élégance évoque souvent les premiers pas du grand Elvis Perkins, jusque dans les inflexions fiévreuses du chant de Phil Moore (troublantes Teeth ou Northern Lights). Bowerbirds a l’intelligence et la sensibilité de ceux qui emplissent tout entier l’espace avec relativement peu, fabriquent des petites cathédrales folk avec quelques morceaux de bois (extraordinaire Chimes, en apesanteur sur des claviers et une guitare énergiquement frottée, somptueuse Ghost Life portée par une performance vocale saisissante). Quand ils conjuguent leurs voix, Phil et Beth font des étincelles sur Beneath Your Tree, un bout de pop à la fois enlevé et âpre, avec accordéon et batterie métronomique. Et si l’on tend l’oreille dans les déliés de cette chanson, on entend la pluie tomber, comme par une fenêtre entrouverte sur l’extérieur, sur cette Amérique pop folk qui, après Andrew Bird ou Shearwater, prend chaque jour un peu plus des allures d’improbable volière.
Vincent Théval
MAGIC RPM  #133


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