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Selectorama - 30/11/10 de Born Ruffians

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Trente-huit places ! Oué, on vous fait gagner pas moins de trente-huit places pour la tournée française de Born Ruffians, qui commence ce jeudi à Lille pour se terminer le mardi 7 à Strasbourg. Il fallait bien ça pour célébrer comme il se doit le retour scénique de nos chouchous, plusieurs mois après une couve colorée et une mémorable soirée BimBamBoom. Histoire d’en rajouter une couche, le bienheureux Luke Lalonde a rassemblé pour nous quelques morceaux choisis en dehors des modes actuelles. Des rengaines désuètes, et autres plaisirs coupab’, qui en disent long sur une culture musicale légèrement nostalgique. [Jean-François Le Puil].

Otis Redding - Try A Little Tenderness

Luke Lalonde : Ça a toujours été et ça restera toujours l’une de mes chansons favorites. Je l’adorais quand j’étais mioche, elle me donnait la chair de poule à chaque fois que je l’entendais. Absolument parfait.

Duke Ellington - The Mooche

Luke Lalonde : J’avais besoin de choisir un titre qui illustre l’importance des goûts musicaux de mes grands-parents dans mon parcours. Celui-ci est féérique, instrumental, et m’a toujours donné des frissons. Pourtant, j’aimais beaucoup les paroles dans ce que mes vioques écoutaient (comme celles de Don't Sit Under The Apple Tree par exemple), et pas mal de trucs de Glenn Miller, mais The Mooche reste atemporel, justement parce qu’il n’y a pas de texte. J’ai passé beaucoup de temps à zoner en voiture avec papi, et à glander autour de sa maison, on écoutait toujours les vieux tubes d’avant-guerre à la radio. Il n’arrêtait pas de me répéter qu’on n’écrivait plus des morceaux de cette trempe à l’heure actuelle, et il avait raison. Le rock’n’roll a flingué tout un pan de musique merveilleuse.

George Gershwin - Rhapsody In Blue

Luke Lalonde : Difficile de trouver un gugusse qui n’a jamais écouté Rhapsody In Blue, même sans le savoir. Je connaissais Gershwin seulement de nom jusqu’à ce que je dégote un vieux disque dans une brocante, avec Rhapsody In Blue en face D. J’ai dû l’écouter une centaine de fois en deux jours. Elle démontre à quel point certains artistes peuvent être à la fois d’excellents instrumentistes tout en parvenant à apporter une touche de modernité à leur art.

Billie Holiday - My Man

Luke Lalonde : Une des deux ou trois chansons qui m’ont ému aux larmes. Je crois qu’il y a pas mal de versions différentes qui circulent. Celle que je préfère est à dénicher sur la compilation Lady’s Decca Days Volume 1. Billie a prouvé qu’il n’y avait pas besoin de couvrir des tripotées d’octaves pour chanter en tordant les tripes.

Fleetwood Mac - Never Going Back Again

Luke Lalonde : Je choisis un truc un peu plus contemporain maintenant… Je pourrais réécouter ce titre encore et encore, et encore et encore, et encore et encore, jusqu’à la fin des temps. À moins que toute l’industrie ne se mette à réemployer les mixeurs d’alors, je ne crois pas qu’on retrouvera un jour cette perfection dans la production qui régnait à la fin des années 70. J’ai entendu Lindsey Buckingham évoquer le sens de ce morceau, il disait qu’il voulait parler des cycles de bonheur et de tristesse qui se succèdent dans une vie… Je m’identifie pas mal à cela.

Lou Reed - Street Hassle

Luke Lalonde : On ne fera pas mieux en matière d’histoire droguée racontée en direct d’un trottoir sordide. Épique et ambitieux avec ces trois parties. Plus l’intervention de Bruce Springsteen dans le troisième volet pour l’une des meilleures séquences de spoken word de l’histoire.

Roy Orbison - Running Scared

Luke Lalonde : La voix d’Orbison me fait du guili-guili dans l’échine, ses mélodies sont tellement sublimes. Une bien belle histoire encore lorsqu’il chante cette dernière phrase, avec la dulcinée convoitée que le choisit plutôt que l’autre type. Il plastronnne de façon géniale. Ce titre n’a pas de refrain mais c’est de la pop à l’état pur. Encore parfait.

The KinksStrangers

Luke Lalonde : Parfois, une simple suite d’accords peut rendre un morceau fabuleux même si les paroles sont complètement connes. Heureusement, le texte de cette chanson colle à merveille à la beauté et à la profondeur de la musique qu'il accompagne. C’est l’une des mes performances vocales préférées, Ray Davies est doté de ce foutu timbre, à la fois grinçant et électrisant, élégant et braillard. Dave a écrit le titre et Ray le chante j’imagine…
Jean-François Le Puil


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