En 2008, Born Ruffians bouleversait les
attentes avec Red Yellow & Blue.
Sous une voilure qui planait au gré d’un certain air du temps et derrière une
frénésie rythmique jouvencelle se nichaient des chansons intimement
magistrales, des titans d’honnêteté qui se connectaient à l’âme en cinglant les
nerfs au passage. Le vrai faux départ du batteur Steve Hamelin et l’embauche du
quatrième homme Andrew Lloyd plus tard, les Canadiens sont de retour avec Say It, redite apaisée et épanouie de
son illustre prédécesseur. Détendu par quelques jours de repos à Paris en
compagnie de sa petite amie, Luke Lalonde se confie avec franchise sur un
parcours que l’on devine vertigineusement ascensionnel. [Interview Jean-François Le Puil].
Dans quelques jours, Born Ruffians va démarrer sa tournée à Londres, la première depuis un an et les premières parties de Franz Ferdinand. Ça scellera aussi le retour de Steve Hamelin après sa sortie de route fin 2008 : est-ce un test pour vous ?
Oui. J’en ai parlé avec lui à Toronto avant de m’envoler pour l’Europe et il m’a assuré qu’il était impatient d’y être. Je suis confiant. Nous avons tous appris à mieux cohabiter depuis la dernière fois. Après le départ de Steve, partir en tournée avec un batteur différent (ndlr. Ahmed Gallab, collaborateur scénique de Yeasayer) et le nouvel arrivant Andrew Lloyd a constitué une expérience essentielle pour moi à ce niveau-là. J’ai appris à me comporter de façon plus professionnelle, à rester d’humeur égale, à mieux en profiter.
La fuite de Steve a résulté d’un vrai clash ou d’un conflit plus sournois ?
Mitch est mon cousin, nous avons grandi ensemble et nous avons des rapports familiaux. Même si nous ne sommes pas parents, j’ai la même proximité avec Steve. Tu as des frères et sœurs ?
Oui, j’ai un grand frère. Il s’appelle Sébastien.
Eh bien, j’imagine que tu as cette relation très franche avec lui, où quand rien ne va plus, tu lui dis d’aller se faire foutre sans pour autant provoquer un drame irréversible. C’est ce qui s’est passé au sein du groupe. Cela a attristé tout le monde, mais je crois que nous étions juste fatigués l’un de l’autre à force de promiscuité. Nous avons lavé notre linge sale en famille. Avec le recul, le plus dur aura été de répéter nos anciennes chansons de longues heures avec un batteur remplaçant, alors que nous venions tout juste d’ébaucher de nouvelles compositions. Cela représentait une régression et ce fut plutôt désagréable à vivre.
Est-ce que Mitch joue le rôle de médiateur au sein du trio originel ?
Absolument. Steve et moi avons des caractères diamétralement opposés. Mitch est au milieu du guet, allant de l’un à l’autre pour rassembler tout le monde grâce à sa clairvoyance. Mais cela ne veut pas dire que Steve et moi sommes des abrutis. (Rires.) Nous avons simplement des visions différentes, et c’est aussi grâce à cela que Born Ruffians en est là aujourd’hui. Par exemple, à nos débuts, Steve s’échinait à gérer les à-côtés liés au business. Mettre en branle les relations, laisser des démos aux labels, faire de la promo par-ci, par-là… Il avait ce pragmatisme indispensable, tandis que moi, je préférais passer le plus clair de mon temps à écrire des morceaux dans ma chambre.

À propos des débuts, j’ai trouvé une photo de vous datant de l’époque Mornington Drive, la première incarnation de Born Ruffians : tu avais une sacrée tignasse bouclée à l’époque.
(En découvrant la photo.) Ah oui, nom d’un petit bonhomme ! Mitch aussi a l’air malin. (Rires.) Nous avions pris ces clichés pour accompagner l’envoi d’une démo à des labels. Mornington Drive était un groupe de reprises que nous avions monté au lycée. On reprenait les Strokes ou des classiques rock. C’était avant de déménager à Toronto, quand nous vivions encore à Midland.
Mais vous avez bel et bien réalisé un album avec Mornington Drive : Makeshift Metric Catastrophe. S’agirait-il du véritable premier essai de Born Ruffians ?
Je crois que ce disque n’est jamais sorti. Nous l’avions enregistré chez les parents de Steve, dans la cave, avec notre pote Ryan Mills qui était venu de Toronto exprès. Nous étions tous des bleubites, mais au final, le son n’était pas si mal. Je sais que notre site de fans (ndlr. le blog parfait fuckyeahbornruffians) a ressorti quelques vieux titres de l’époque (ndlr. dont Over The Top ci-dessous), et ils sont assez drôles à entendre. Je suis toujours fier de certains d’entre eux, mais ils ne font plus partie de notre histoire aujourd’hui. Nos premières créations ressemblaient à des pastiches de formations que nous aimions à l’époque, comme The Strokes ou The Coral. Nous avons seulement commencé à peaufiner notre propre style quand nous nous sommes retrouvés ensemble à Toronto. Alors, plutôt que de glandouiller chacun chez soi en se retrouvant tous les 36 du mois chez les parents de Steve, nous nous sommes pris en main et nous avons envisagé les choses plus sérieusement.
Dans quelques jours, Born Ruffians va démarrer sa tournée à Londres, la première depuis un an et les premières parties de Franz Ferdinand. Ça scellera aussi le retour de Steve Hamelin après sa sortie de route fin 2008 : est-ce un test pour vous ?
Oui. J’en ai parlé avec lui à Toronto avant de m’envoler pour l’Europe et il m’a assuré qu’il était impatient d’y être. Je suis confiant. Nous avons tous appris à mieux cohabiter depuis la dernière fois. Après le départ de Steve, partir en tournée avec un batteur différent (ndlr. Ahmed Gallab, collaborateur scénique de Yeasayer) et le nouvel arrivant Andrew Lloyd a constitué une expérience essentielle pour moi à ce niveau-là. J’ai appris à me comporter de façon plus professionnelle, à rester d’humeur égale, à mieux en profiter.
La fuite de Steve a résulté d’un vrai clash ou d’un conflit plus sournois ?
Mitch est mon cousin, nous avons grandi ensemble et nous avons des rapports familiaux. Même si nous ne sommes pas parents, j’ai la même proximité avec Steve. Tu as des frères et sœurs ?
Oui, j’ai un grand frère. Il s’appelle Sébastien.
Eh bien, j’imagine que tu as cette relation très franche avec lui, où quand rien ne va plus, tu lui dis d’aller se faire foutre sans pour autant provoquer un drame irréversible. C’est ce qui s’est passé au sein du groupe. Cela a attristé tout le monde, mais je crois que nous étions juste fatigués l’un de l’autre à force de promiscuité. Nous avons lavé notre linge sale en famille. Avec le recul, le plus dur aura été de répéter nos anciennes chansons de longues heures avec un batteur remplaçant, alors que nous venions tout juste d’ébaucher de nouvelles compositions. Cela représentait une régression et ce fut plutôt désagréable à vivre.
Est-ce que Mitch joue le rôle de médiateur au sein du trio originel ?
Absolument. Steve et moi avons des caractères diamétralement opposés. Mitch est au milieu du guet, allant de l’un à l’autre pour rassembler tout le monde grâce à sa clairvoyance. Mais cela ne veut pas dire que Steve et moi sommes des abrutis. (Rires.) Nous avons simplement des visions différentes, et c’est aussi grâce à cela que Born Ruffians en est là aujourd’hui. Par exemple, à nos débuts, Steve s’échinait à gérer les à-côtés liés au business. Mettre en branle les relations, laisser des démos aux labels, faire de la promo par-ci, par-là… Il avait ce pragmatisme indispensable, tandis que moi, je préférais passer le plus clair de mon temps à écrire des morceaux dans ma chambre.

À propos des débuts, j’ai trouvé une photo de vous datant de l’époque Mornington Drive, la première incarnation de Born Ruffians : tu avais une sacrée tignasse bouclée à l’époque.
(En découvrant la photo.) Ah oui, nom d’un petit bonhomme ! Mitch aussi a l’air malin. (Rires.) Nous avions pris ces clichés pour accompagner l’envoi d’une démo à des labels. Mornington Drive était un groupe de reprises que nous avions monté au lycée. On reprenait les Strokes ou des classiques rock. C’était avant de déménager à Toronto, quand nous vivions encore à Midland.
Mais vous avez bel et bien réalisé un album avec Mornington Drive : Makeshift Metric Catastrophe. S’agirait-il du véritable premier essai de Born Ruffians ?
Je crois que ce disque n’est jamais sorti. Nous l’avions enregistré chez les parents de Steve, dans la cave, avec notre pote Ryan Mills qui était venu de Toronto exprès. Nous étions tous des bleubites, mais au final, le son n’était pas si mal. Je sais que notre site de fans (ndlr. le blog parfait fuckyeahbornruffians) a ressorti quelques vieux titres de l’époque (ndlr. dont Over The Top ci-dessous), et ils sont assez drôles à entendre. Je suis toujours fier de certains d’entre eux, mais ils ne font plus partie de notre histoire aujourd’hui. Nos premières créations ressemblaient à des pastiches de formations que nous aimions à l’époque, comme The Strokes ou The Coral. Nous avons seulement commencé à peaufiner notre propre style quand nous nous sommes retrouvés ensemble à Toronto. Alors, plutôt que de glandouiller chacun chez soi en se retrouvant tous les 36 du mois chez les parents de Steve, nous nous sommes pris en main et nous avons envisagé les choses plus sérieusement.