Enfonçons le clou dès le départ, Say It n’est ni le produit d’une réinvention, ni celle d’une
quelconque révolution. Non, Say It
s’inscrit directement dans la droite lignée de son prédécesseur (Red, Yellow & Blue, 2008), là où
jaillit encore une ferveur paroxystique, là où les chœurs de ces valeureux
gamins trouvent encore écho : dans le cœur et dans les tripes. Ce nouvel
essai fait plutôt figure de réappropriation, matérialisée par l’omnipotence de
son leader et sa verve inimitable. Luke Lalonde vocalise à présent (seul) sur
des montagnes russes, jouant dans les aigus et toisant son monde dans les graves,
tout en faisant danser les mots sur le bout de sa langue et en les délivrant à
la vitesse d’un cheval au galop. Le Little
Garçon a désormais la confiance nécessaire pour prendre son envol et
catalyse sa nouvelle prise de position dans un songwriting toujours aussi
jubilatoire. Si le bassiste Mitch Derosier et le batteur Steven Hamelin
aplanissent leurs propos, ils secondent toujours leur meneur à la perfection.
Les lignes de basse sismiques qui secouent l’esgourde pour Mitch, les tatapoums
heurtés avec douceur pour Steven, le tout transcendé par la production d’orfèvre
de Rusty Santos (le plus grand producteur de sa génération, qu’on se le dise).
Born Ruffians a gagné en assurance ce qu’il a perdu en furie adolescente.
Qu’importe, dès les premières intonations de Oh Man, la boule au ventre se fait à nouveau ressentir et est recrachée dans la seconde par la truculence vocale de Luke Lalonde et la science rythmique des deux autres. Ou comment fidéliser l’auditoire en déclenchant un premier bain de sang. Puis Retard Canard envoie tout valdinguer avec des riffs mitraillés et des paroles qui font tout cramer (“I don’t want to start a flame in your heart/I just want to see the world on fire”). Comme si les Dead Kennedys décrochaient leur premier hit post-pop en effectuant une opération commando en plein far west. Une parade contrebalancée par le groove suintant de Sole Brother et celui de son alter ego, le feu de paille What To Say et son final convulsé. Deux arbrisseaux qui cachent la forêt : le rouleau compresseur The Ballad Of Moose Bruce et son avancé cataclysmique qui fait dégoiser tout les genres et les pulvérise en poussières, soufflées aux quatre vents par le coffre de l’acrobate Canadien. Et comme si ça n’avait pas suffit, le trio assoit sa suprématie durant les trois minutes et demi de soul incendiaire du succulent Higher & Higher.
Avec son saxophone amniotique et sa silhouette de cabaret enfumé, Come Back laisse à penser que conter Jamelia à dos de Caribou et entamer une course de fond avec le projet récréatif Novels ont dû donner de sacrées idées à Luke Lalonde. Une mélodie toute mignonette avant de décocher la comète Nova Leigh. Un séisme hyper pop, qui ne trouvera jamais acquéreur sur aucune radio, mais qui se blottira dans les entrailles de celui qui voudra bien lui laisser une place. Blood, The Sun & Water édifie un miroir à la gloire de son ancêtre (Red, Yellow & Blue), et At Home Now, une ligne d’horizon vers son successeur. Mais avant d’écrire un nouveau chapitre, il convient d’apporter quelques précisions à la fin de celui-ci : Born Ruffians est un groupe incomparable, atemporel et unique, aujourd’hui fin prêt à être exposé à la face du monde. Prosternez-vous à leur pieds, il y en aura pour tous.
Qu’importe, dès les premières intonations de Oh Man, la boule au ventre se fait à nouveau ressentir et est recrachée dans la seconde par la truculence vocale de Luke Lalonde et la science rythmique des deux autres. Ou comment fidéliser l’auditoire en déclenchant un premier bain de sang. Puis Retard Canard envoie tout valdinguer avec des riffs mitraillés et des paroles qui font tout cramer (“I don’t want to start a flame in your heart/I just want to see the world on fire”). Comme si les Dead Kennedys décrochaient leur premier hit post-pop en effectuant une opération commando en plein far west. Une parade contrebalancée par le groove suintant de Sole Brother et celui de son alter ego, le feu de paille What To Say et son final convulsé. Deux arbrisseaux qui cachent la forêt : le rouleau compresseur The Ballad Of Moose Bruce et son avancé cataclysmique qui fait dégoiser tout les genres et les pulvérise en poussières, soufflées aux quatre vents par le coffre de l’acrobate Canadien. Et comme si ça n’avait pas suffit, le trio assoit sa suprématie durant les trois minutes et demi de soul incendiaire du succulent Higher & Higher.
Avec son saxophone amniotique et sa silhouette de cabaret enfumé, Come Back laisse à penser que conter Jamelia à dos de Caribou et entamer une course de fond avec le projet récréatif Novels ont dû donner de sacrées idées à Luke Lalonde. Une mélodie toute mignonette avant de décocher la comète Nova Leigh. Un séisme hyper pop, qui ne trouvera jamais acquéreur sur aucune radio, mais qui se blottira dans les entrailles de celui qui voudra bien lui laisser une place. Blood, The Sun & Water édifie un miroir à la gloire de son ancêtre (Red, Yellow & Blue), et At Home Now, une ligne d’horizon vers son successeur. Mais avant d’écrire un nouveau chapitre, il convient d’apporter quelques précisions à la fin de celui-ci : Born Ruffians est un groupe incomparable, atemporel et unique, aujourd’hui fin prêt à être exposé à la face du monde. Prosternez-vous à leur pieds, il y en aura pour tous.
2 réactions réagir
@Coch : on a encore le droit d'aimer, non? bisous
Je me demandais bien comment vous alliez faire pour vendre la boutique, pari difficile tant cet album est mauvais, mais réalisable. Avec un peu de vocabulaire et deux/trois formules toutes faites on arrive à tout hein !
C'est vraiment pas leur rendre service que d'encenser un truc aussi plat, sorte d'album solo de Lalonde qui s'est réconcilié un peu tard avec ses deux collègues, malheureusement pour cet album.
C'est vraiment pas leur rendre service que d'encenser un truc aussi plat, sorte d'album solo de Lalonde qui s'est réconcilié un peu tard avec ses deux collègues, malheureusement pour cet album.