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Lie Down In The Light
archive mag juillet 2008
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Will
Oldham est déjà culte, mais comment finira-t-il ? Plutôt comme Bob Dylan,
reconnu pour le début de son œuvre mais boudé pour ses enregistrements les plus
récents, ou alors comme Johnny Cash surprenant son monde à chaque
décennie ? Orchestré et optimiste comme son prédécesseur, The Letting Go (2006), Lie Down In The Light constitue le
moment approprié pour débattre de cette question. Voilà près de deux décennies
que Will Oldham livre, quasiment chaque année, un nouvel enregistrement sous
ses différentes identités. Force est de constater qu’il a su marquer le monde
de la musique par une posture qui lui
est propre et qui, de plusieurs manières, a fait école dans le renouveau folk.
Son empreinte passa d’abord par l’esthétique lo-fi qu’il proposait. On a pu la
trouver, visuellement, dans ses repères calligraphiques qui puisaient dans un
registre tapé à la machine, accompagné de ratures et de textes manuscrits
écrits à la va-vite. C’est dans cette logique que l’artiste propose aujourd’hui
un dessin naïf de sa maman en couverture, comme pour souligner au passage que
les aïeux ont encore des choses à dire. Mais la lo-fi, ce fut avant tout par la
musique et ses sobres enregistrements en 4-pistes à cassette qu’il l’imposa,
comme une relecture contemporaine du patrimoine populaire américain des années
30 ou le Dylan en roue libre du début des années 60.
Mais Oldham apportait toujours quelque chose de nouveau. Il écrivait lui-même ses chansons empreintes d’une mélancolie particulièrement prononcée, de You Will Miss Me When I Burn (Palace Brothers, 1994) à I See A Darkness (1999). Avec la trentaine confirmée, des moyens accrus et l’affirmation d’un chemin personnel, Will va mieux et peut diversifier ses orientations musicales. Cela passe depuis quelques années par des orchestrations fournies sur un mode qui doit autant à la tradition rurale du country swing qu’à Crosby, Still, Nash & Young, avec orgue et basse électrique – auxquels s’ajoutent ici des interventions de clarinette particulièrement remarquables. Cela passe aussi par des compositions devenues très majoritairement optimistes. Il en résulte des morceaux aux belles envolées romantiques (So Every One), mais le côté obscur de la force s’est évanoui au profit d’un répertoire sans doute moins original, plus commun. Ainsi, le Bonnie “Prince” Billy de ces dernières années est moins remarqué pour ses albums que pour ses digressions vers l’exercice de la reprise (le formidable Ep Ask Forgiveness, 2007) ou de la collaboration (le mémorable The Brave And The Bold avec Tortoise, en 2006). Serait-ce définitif ?
Mais Oldham apportait toujours quelque chose de nouveau. Il écrivait lui-même ses chansons empreintes d’une mélancolie particulièrement prononcée, de You Will Miss Me When I Burn (Palace Brothers, 1994) à I See A Darkness (1999). Avec la trentaine confirmée, des moyens accrus et l’affirmation d’un chemin personnel, Will va mieux et peut diversifier ses orientations musicales. Cela passe depuis quelques années par des orchestrations fournies sur un mode qui doit autant à la tradition rurale du country swing qu’à Crosby, Still, Nash & Young, avec orgue et basse électrique – auxquels s’ajoutent ici des interventions de clarinette particulièrement remarquables. Cela passe aussi par des compositions devenues très majoritairement optimistes. Il en résulte des morceaux aux belles envolées romantiques (So Every One), mais le côté obscur de la force s’est évanoui au profit d’un répertoire sans doute moins original, plus commun. Ainsi, le Bonnie “Prince” Billy de ces dernières années est moins remarqué pour ses albums que pour ses digressions vers l’exercice de la reprise (le formidable Ep Ask Forgiveness, 2007) ou de la collaboration (le mémorable The Brave And The Bold avec Tortoise, en 2006). Serait-ce définitif ?
Gérôme Guibert
article extrait de :
MAGIC RPM #122
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