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The Wonder Show Of The World de Bonnie 'Prince' Billy

chronique d'album
Depuis que Johnny Cash a célébré I See A Darkness en sa compagnie (American III: Solitary Man, 2000), Bonnie “Prince” Billy n’a de cesse de réorienter sa pléthorique discographie vers un classicisme country, sans jamais parvenir, et c’est là toute l’ironie de sa situation, à retrouver la passion qui animait son chef-d’œuvre passé. Car si l’homme semble avoir trouvé une paix intérieure bien méritée, l’artiste aux multiples entités, lui, a beaucoup perdu en tordant le cou à ses vieux démons à l’aube du nouveau millénaire.

Et celui qui jadis nous bouleversait à chacune de ses publications – Hope (1994), Arise Therefore (1996), All Most Heaven (2000) –, enchaîne désormais les disques comme d’autres alignent les bibelots sur une étagère. Bien sûr, le prince Oldham a trop de talent – ou de savoir-faire ? – pour rater un disque et, depuis The Letting Go (2006), ses chansons en compagnie d’Emett Kelly, alias The Cairo Gang, se suivent et se ressemblent, sur disque comme à la scène. Enregistré avec un habitué de la maison donc – on évitera ici d’évoquer le Palace d’antan –, The Wonder Show Of The World retrouve la configuration (à quatre mains) favorite du barbu chauve et une sobriété instrumentale qui rappelle celle de Ease Down The Road (2001).

Deux guitares, quelques percussions discrètes et une voix élevée au grand air suffisent ici à rendre justice à une dizaine de chansons taillées pour le hamac ou le rocking-chair. Et si aucune ne sort vraiment du lot, l’ensemble s’écoule au rythme tranquille d’un vieux JJ Cale, hors du temps. En 1997, Nick Cave avait opéré un virage artistique semblable avec The Boatman's Call, pour finalement revenir quelques années plus tard aux sources de son art : on ne saurait trop conseiller à Will Oldham de suivre les traces de son glorieux aîné.
Renaud Paulik
MAGIC RPM  #141


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