Pendant longtemps, Blur est resté prisonnier de son image,
trop propre, de ses références, trop blanches, et de sa culture, trop
britannique. Pendant longtemps, Blur a été le jouet des médias – en quête de
chef de file (britpop), de glamour (le couple Frischmann/Albarn), de rivalités
(Oasis/Blur) - et d'un label – Food – qui a longtemps crut tenir le pigeon
parfait, crédible et lucratif.
Pendant longtemps, Blur a joué le jeu parce que tout le mode y trouvait son compte : midinettes, journalistes, banquiers et branchés. Il aura fallu attendre Blur pour entrevoir la carapace se fissurer. Mais avec un Stephen Street aux manettes, il ne fallait pas s'attendre à mieux que ce disque entre deux eaux, coincé entre l'appel d'un large balayé à tous vents et le confort d'un intérieur douillet et balisé. C'est donc à William Orbit – même si, fidèles parmi les fidèles, John Smith et Jason Cox sont encore de la partie – qu'est revenu le privilège de couper le cordon ombilical. Dès lors, plus rien ne sera comme avant.
Le gospel entre par la grande porte avec un Tender extraordinaire de force et de foi. La folie en profite également pour s'engouffrer, teintée de psychédélisme sur Bugman et Swamp Song, de punk le temps de B.L.U.R.E.M.I.. Le groove, relayé par des effets de delay monstrueux, sent la poisse et le métal, plane et scintille avec ce Battle qui, en single au potentiel énorme, attend les remixes de pied ferme. Tout comme ce Caramel faussement mou piqué dans le paquet Screamadelica.
Que les gardiens du temple se rassurent, nos quatre amis n'ont pas abandonné leurs prétentions strictement pop : Coffee & Tv et Trimm Trabb, prototypes même de l'efficacité, 1992 ou Mellow Song servent de lien entre un passé pas si lointain et ce présent radieux. Mais qu'importe lorsque l'on imagine le futur qui, désormais, s'offre au groupe. Car une chose est sûre : Blur, avec 13, a opéré sa mue pour durer. Pendant longtemps.
Pendant longtemps, Blur a joué le jeu parce que tout le mode y trouvait son compte : midinettes, journalistes, banquiers et branchés. Il aura fallu attendre Blur pour entrevoir la carapace se fissurer. Mais avec un Stephen Street aux manettes, il ne fallait pas s'attendre à mieux que ce disque entre deux eaux, coincé entre l'appel d'un large balayé à tous vents et le confort d'un intérieur douillet et balisé. C'est donc à William Orbit – même si, fidèles parmi les fidèles, John Smith et Jason Cox sont encore de la partie – qu'est revenu le privilège de couper le cordon ombilical. Dès lors, plus rien ne sera comme avant.
Le gospel entre par la grande porte avec un Tender extraordinaire de force et de foi. La folie en profite également pour s'engouffrer, teintée de psychédélisme sur Bugman et Swamp Song, de punk le temps de B.L.U.R.E.M.I.. Le groove, relayé par des effets de delay monstrueux, sent la poisse et le métal, plane et scintille avec ce Battle qui, en single au potentiel énorme, attend les remixes de pied ferme. Tout comme ce Caramel faussement mou piqué dans le paquet Screamadelica.
Que les gardiens du temple se rassurent, nos quatre amis n'ont pas abandonné leurs prétentions strictement pop : Coffee & Tv et Trimm Trabb, prototypes même de l'efficacité, 1992 ou Mellow Song servent de lien entre un passé pas si lointain et ce présent radieux. Mais qu'importe lorsque l'on imagine le futur qui, désormais, s'offre au groupe. Car une chose est sûre : Blur, avec 13, a opéré sa mue pour durer. Pendant longtemps.