Biographie
En 1974, alors que la jeunesse new yorkaise se réveille au son des albums du Velvet Underground et aux exactions des New York Dolls, la dénommée Deborah Harry n'en est plus à son coup d'essai. Ancienne Bunny girl du journal Play Boy, membre des groupes Wind In The Willows, The B–Girls ou The Stilettoes, cette jeune femme sait déjà ce qu'elle veut. Sur les cendres de Angel & The Snake – où l'on retrouvait le bassiste Bill Smith, futur Television –, elle forme Blondie avec Chris Stein dès 1975. Le groupe, dont la formation varie assez souvent lors des premiers mois, va combiner habilement son amour pour le punk naissant, la power pop et le rock garage au cours de ses trois premiers albums, Blondie, Plastic Letters (avec la fameuse reprise Denis et son passage en français, craquant) et Parallel Lines, gorgés de morceaux accrocheurs qui conquièrent le public européen. Ce dernier Lp en particulier, lors duquel le groupe commet ses premières incursions “publiques” dans la disco (l'affriolant Heart Of Glass). Bien évidemment, l'image sexy de Debbie n'est sans doute pas étrangère à ce raz–de–marée et la blonde décolorée et trentenaire commencent à s'afficher en poster sur les murs des adolescents. Dès la fin 1979 et l'album Eat To The Beat (porté par la bombe Atomic), Blondie matine encore un peu plus sa pop de disco avec bonheur. Autoamerican explore la même veine tandis que le single Call Me (1980), produit par l'un des pontes du genre Giorgio Moroder pour la BO du film American Gigolo, se transforme en tube interplanétaire. Mais, bientôt, le vent tourne. Miss Harry subit un revers cuisant avec son album solo Koo Koo, produits par les deux cerveaux de Chic – Nile Rodgers et Bernard Edwards – tandis que The Hunter de Blondie n'a pas plus de chance. Chris Stein souffre alors d'une maladie qui l'empêche de tourner et sonne le glas du groupe. La dame tente bien des come-back, infructueux, en 1988 puis en 1991… Et alors qu'on s'y attendait le moins, la naissance en Angleterre de formations comme Lush, puis Elastica, Sleeper ou autres Echobelly va changer la donne et redorer le blason du quintette new-yorkais. Qui reprend même du service en 1998 ! Depuis, Debbie a beau avoir franchi le cap de la soixantaine, son groupe donne toujours des concerts virevoltants, tout en livrant, de temps en temps, des disques décevants.