Une première minute de bande sonore abstraite, où se trouvent sans doute des guitares savamment triturées et passées à l'envers. Puis démarre Kazuality, morceau introductif de ce nouvel album de Blonde Redhead. A l'écoute de la voix et de ce rock peu apprivoisé mais déjà hautement tributaire des biberons arty et autres petits pots no-noise, on pense - encore - à Sonic Youth, aux élucubrations successives de Thurston Moore et Kim Gordon, qui pour l'occasion auraient changé de patronyme... Si l'on a bien tout compris, on situera Blonde Redhead dans la droite filiation de ces générations successives de jeunes new-yorkais qui, du Velvet à Mars, s'amusent à terroriser Manhattan et gagnent ainsi les palmes internationales de la reconnaissance rock'n'pop. Cela dit, cet album mettrait au tapis n'importe lequel des trois ou quatre derniers Sonic Youth : on y entend de beaux effets de guitare, une recherche avérée dans l'agencement et l'originalité des effets sonores, des à la Jane Birkin survolant des paysages musicaux dessinés par Glenn Branca (Ego Maniac Pod) et des hommages pseudo-intellectualistes (Pier Paolo, Futurism Vs. Passeism ) tentant de renouer avec une quelconque dialectique post-moderne à 2 balles et qui, comme d'habitude, passe inaperçue. Tant mieux. Fake Can Be Just As Good : en 97, on préfèrera de toute manière la guitariste de Blonde Redhead à la bassiste de Sonic Youth. Non ?