Rappelez-vous. C'était il n'y a pas si longtemps. Vous aviez piqué la
veste en cuir de votre grand frère héritée de sa période rockab',
investi dans un jeans gris noir élimé, avant de vous enfiler
l'intégralité des Stooges et une bouteille de Jack Daniel's d'un seul
trait. Là, perdu dans les vociférations d'Iggy et les volutes
hallucinogènes, vous vous étiez un instant senti en connexion avec tous
les rebelles du monde. Sauf que, le lendemain, vous aviez chopé la
gueule de bois, un mois plus tard, passé le bac, et, deux ans après,
découvert l'electro. C'est avec cette même candeur et ce même
enthousiasme que Peter Hayes, Robert Turner et Nick Jago ont lancé
l'aventure B.R.M.C. C'est aussi avec une belle dose de maladresse
qu'ils ont raté leur premier Lp, Black Rebel Motorcycle Club.
Car à
tous les recoins de ce club de loubards, on entend d'autres loubards
qui, avant eux, ont hurlé sous la lune à pleins poumons dans un souffle
unique et désormais inégalable. Entre ses mantras lénifiants à la
Velvet Underground (Salvation, Red Eyes), son blues de comptoir inspiré
de Norman Greenbaum (Spread Your Love), et ses arpèges circulaires
empruntés à Led Zeppelin en pleine perversion beatlesienne (Awake), cet
engin motorisé peine à atteindre la Route 66. Le fantastique Whatever
Happened To My Rock'n'Roll s'extrait exceptionnellement du goudron en
s'élançant à un rythme effréné sur une piste désertique et tordue. Et,
même si certains s'empresseront de le rebaptiser Lower Than The Sun, on
sauvera As Sure As The Sun de l'accident mortel. Qu'est-il arrivé au
rock'n'roll, donc ? Demandez plutôt à The Strokes.
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chère Estelel Chardac qui a du tomber depuis longtemps dans les oubliettes, prenez note : BRMC = GENIE. TOUJOURS !