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Via sa musique possédée et les patronymes de ses deux groupes jumeaux, Pink Mountaintops et Black Mountain, le Canadien Stephen McBean clame depuis toujours sa passion pour les vétérans Pink Floyd et Black Sabbath, sans jamais perdre de vue son maître étalon absolu, le premier album d'un junkie new-yorkais bisexuel soigné à grands coups d'électrochocs : The Velvet Underground & Nico (1967). Soit une authentique leçon de bon goût à l'usage des nouvelles générations ! La tête embuée d’effluves psychédéliques (Wucan) et le corps secoué de déflagrations soniques (Queens Will Play), notre génie à la barbe fleurie retrouve sa comparse Amber Webber pour enfin donner suite à un premier album (Black Mountain, 2005) unanimement acclamé, délaissant l’accalmie Stay Free – slow initialement paru sur la bande originale de Spider Man III (2007) – pour de plus massives entreprises… Enregistré en deux semaines et mixé en une par John Congleton (Minus Story, 90 Day Men, The Polyphonic Spree), ce troisième Lp est fondu dans le (heavy) métal le plus noble (Tyrants, Stormy High), loin de tous les clichés prog-rock en vigueur. Seize minutes hypnotiques durant, Bright Lights, le morceau de bravoure du disque, place ainsi notre quintette habité en tête des groupes à guitares les plus passionnants de cette nouvelle année, très loin devant Six Organs Of Admittance et consorts. Digne de l'illustre Bo Diddley, Evil Ways est un blues vaudou comme seul McBean sait encore en enregistrer et justifie à lui seul l'achat toutes affaires cessantes de ce disque immense et implacable : “I've been imprisoned by your demon lust, cursed by your black magic touch”… À l'approche des sports d'hiver, vous ne regarderez définitivement plus la montagne de la même façon.
Renaud Paulik
MAGIC RPM  #116


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