Cole Alexander
demande : “Tu l’as débridé ?”.
Ian St. Pé lui répond : “Ouais,
j’arrive à monter à 90 dans les descentes”. Et Cole de s’exclamer : “Waouh ! Tu déboîtes, man”… Ça se
passait comme ça chez les petits Black Lips, comme chez tous les ados vengeurs
du monde. Ils aimaient tellement ça, le vélomoteur, que lorsqu’ils empoignaient
leurs guitares, ils essayaient de les faire sonner comme leurs bécanes. Ça
vrombissait comme dans les descentes, on reprenait les Kingsmen, et on
s’amusait. De fil en aiguilles (et en décès, avec la mort de Ben Eberbaugh en 2002),
les Black Lips ont délaissé le solex pour se concentrer sur la guitare. Une
poignée d’albums salement jubilatoires (Let
It Bloom en 2005 et Good Bad Not Evil
en 2007) et un changement de label (des locaux dévastés de In The Red à la
promotion clinquante de Vice) plus loin, le quatuor crâneur a même dépassé le
statut de groupe garage simplet pour endosser le costume des quatre mauvais
garçons dans le vent.
Une réputation à peu près montée de toutes pièces (ils se roulent des pelles en concert, montrent leur cul, crachent partout et baisent des groupies, la belle affaire) qui ne nous détournera pas de la déception engendrée par l’écoute de 200 Million Thousand. Là où les Black Lips nous avaient habitués à déblatérer coûte que coûte un frat rock’n’roll sixties, parasité et perclus de mélodies instantanées, ils s’abandonnent ici à une indigence de fin de règne. Passé un départ en trombe avec les excitants Drugs, Starting Over et Short Fuse, l’inspiration marche au ralenti et, une fois les chansons parties, tout se casse la gueule comme le rider de pignon fixe dans un virage trop serré. Les éructations frôlent la parodie (l’usant BBBJOT avec ses “come on” stoogiens), les références millénaires se font singeries (les Doors sur Trapped In A Basement, le Velvet Underground sadique sur Old Man), la production préhistorique fait office de cache-misère, les paroles frondeuses deviennent risibles et le grand n’importe quoi pointe (le pseudo hip hop poussif Drop I Hold, les bips censeurs et l’emphase de I Saw God).
Là où ils devaient en mettre partout, les Black Lips envoient la sauce chichement. Mais gageons que cette logorrhée psyché hippie trop caricaturale appellera une revanche, tels des branleurs piqués au vif. Cole demande : “Tu lui as éjaculé sur les seins ?”. Ian répond : “Ben nan, c’est parti trop vite”. Cole s’attriste : “Mince”. Ian marmonne : “Ouais, mais elle perd rien pour attendre”.
Une réputation à peu près montée de toutes pièces (ils se roulent des pelles en concert, montrent leur cul, crachent partout et baisent des groupies, la belle affaire) qui ne nous détournera pas de la déception engendrée par l’écoute de 200 Million Thousand. Là où les Black Lips nous avaient habitués à déblatérer coûte que coûte un frat rock’n’roll sixties, parasité et perclus de mélodies instantanées, ils s’abandonnent ici à une indigence de fin de règne. Passé un départ en trombe avec les excitants Drugs, Starting Over et Short Fuse, l’inspiration marche au ralenti et, une fois les chansons parties, tout se casse la gueule comme le rider de pignon fixe dans un virage trop serré. Les éructations frôlent la parodie (l’usant BBBJOT avec ses “come on” stoogiens), les références millénaires se font singeries (les Doors sur Trapped In A Basement, le Velvet Underground sadique sur Old Man), la production préhistorique fait office de cache-misère, les paroles frondeuses deviennent risibles et le grand n’importe quoi pointe (le pseudo hip hop poussif Drop I Hold, les bips censeurs et l’emphase de I Saw God).
Là où ils devaient en mettre partout, les Black Lips envoient la sauce chichement. Mais gageons que cette logorrhée psyché hippie trop caricaturale appellera une revanche, tels des branleurs piqués au vif. Cole demande : “Tu lui as éjaculé sur les seins ?”. Ian répond : “Ben nan, c’est parti trop vite”. Cole s’attriste : “Mince”. Ian marmonne : “Ouais, mais elle perd rien pour attendre”.