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I'm Not Gonna Teach Your Boyfriend How To Dance With You de Black Kids

chronique d'album

“On se connaît, non ?” Étrange, comme la tirade tant redoutée par les jeunes femmes de goût dont je suis s’échappe spontanément du gosier à l’écoute de ce simple. Cette fois, un sentiment divin, annonciateur d’exception, l’accompagne. Car si l’on a déjà rencontré ce quintette américain de Jacksonville, c’est dans les recoins préférés mais un peu désertés de notre discothèque. Avec ses faux airs de Bis multiplié par deux (pour le tour de taille et le potentiel à tuber sec), Black Kids aurait tout aussi bien pu voir le jour en Espagne dans les années 90, option revival The Cure/New Order. Ah, ces trompettes jouées au clavier, ce son enregistré dans les toilettes du Maravillas, ces guitares jangly, ces paroles scandées comme si la vie de Jarvis en dépendait (One, I'm biting my tongue/Two, He's kissin' on you”), ce thème gay-friendly (une fille voit sa dulcinée se maquer avec un mec, le tout chanté par un garçon)… Et ces harpies à barrettes qui piaillent dans le fond : de quoi vous donner une poussée de benicàssimite aiguë fissa. Les cutie-mongoles sont donc de retour et ils sont très contents. Ils persistent et signent, même, en face B. Avec, on vous le donne en mille, une reprise du grand manitou Calvin Johnson (You Turn Me On de Beat Happening) et de la grande goudou Sophie B. Hawkins (l’immense Damn, I Wish I Was Your Lover). Que ces merveilleux freaks soient signés chez Universal donne sérieusement à réfléchir sur l’époque troublée dans laquelle nous vivons. Qui ira se plaindre de cette politique d’ouverture, décidément très tendance ici-bas ? Pas nous, bien sûr. Même si on leur pressent une durée de vie sur la major inversement proportionnelle à celle qu’on leur réserve déjà dans notre petit cœur.

Estelle Chardac
MAGIC RPM  #119


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