Biographie
Lorsque deux vétérans aux fortunes diverses se rencontrent et sympathisent, il arrive souvent qu'ils forment un nouveau projet. Récréatif ou non. C'est donc ce qui est arrivé à Luke Haines, ancien Servants et cerveau de The Auteurs dont la propension à se mettre tout le monde à dos est déjà légendaire, et John Moore, génie ignoré importateur d'absinthe, passé par Jesus & Mary Chain, mais aussi en solo ou à la tête des très dépouillés Revolution 9, un beau jour de 1997. En ayant la chance de rencontrer qui plus est une jeune chanteuse aux courbes avenantes et à la voix suggstive, Sarah Nixey, les deux hommes imaginent des chansons tarabiscotées, baignées dans un humour noir et aux arrangements libidineux. Alors que les ombres de Gainsbourg, Denim ou Pulp planent parfois sur ses compositions, le trio se fiche des règles élémentaires, pioche au gré de ses fantasmes dans le folk, l'electropop, le r'n'b pour s'inventer un univers mordant et fascinant. En trois albums – et une compilation de… faces B –, Black Box Recorder ne parvient pas pourtant à dépasser un usuccès d'estime, nouvelle injustice répertoriée dans cette sphère pop moderne qui en compte tant. À moins que la réunion du groupe au début de l'année 2009 n'offre enfin la reconnaissance méritée à ces têtes brûlées visionnaires.
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