Chronique annoncée d'un disque anachronique. Mais ce deuxième album de Birdie aurait-il pu être autre ? Depuis leurs débuts respectifs dans les années 80, avant même qu'ils ne se rencontrent, Debsey Wykes chant, claviers, sourire aguicheur et Paul Kelly guitares acoustique et électrique, regard charmeur ont toujours eu la même obsession : la quête des chansons bien troussées. Sur Some Dusty, son premier album, le couple avait déjà réussi comme lors de ses diverses expériences précédentes: Dolly Mixture pour elle, East Village pour lui à s'approcher de cette excellence pop d'une autre époque au hasard, la fin des années 60 , à tutoyer la perfection de parrains imaginaires Arthur Lee, Dusty Springfield, Burt Bacharach et quelques autres encore. Alors, forcément, on attend toujours beaucoup de tels artistes qu'on prendra ici au sens étymologique du terme , et l'on s'inquiète souvent de savoir s'ils réussiront éternellement leur tour de magie musical et temporel. À ce titre, Triple Echo dépasse toutes les espérances. Car Paul, Debsey et leurs acolytes se posent ici en véritables funambules de la mélodie parfaite Such A Sound , en alchimistes du refrain exemplaire Monday , séduisent autant avec une ballade automnale qu'un mid-tempo printanier et s'appuient, tels des encyclopédistes futés, sur une instrumentation ad hoc. Une fois encore, Birdie délivre le genre d'album raffiné et élégant, idéaliste et ensorceleur qu'on écoutera toujours à coup sûr dans quelques années. Sans jamais se demander, en fait, à quelle date il a bien pu être réalisé.