Bikini
Machine signe enfin l’album que l’on attendait. Hors de contrôle sur les
planches, de cette formation rennaise perdue dans l’espace-temps avait signé
quelques disques trop prudents qui laissaient sur notre faim. Tout était
pourtant réuni pour faire des étincelles : ce quintette de vétérans du
sous-sol punk rock (Skippies, Terminal Buzz Bomb), comptant dans ses rangs un
claviériste cofondateur de l’éminent label breakcore Peace Off, réinvente le
twist, le garage rock, balance des hymnes surfs en chevauchant des samplers et
s’agite sur des beats drum’n’bass en 501 vintage. L’idée n’est pas neuve :
de Joe Meek à Bentley Rhythm Ace, guitares fuzz et circuits imprimés ont
souvent fait bon ménage.
Mais pour cet Album Complet, Bikini Machine a vu les choses en grand. Ses chansons ont fait le tour du monde (New York, Brighton, Copenhague) pour mieux se faire griffer par quelques sommités : Jon Spencer, oncle d’Amérique de l’Europe énervée (PowerSolo, The Craftmen Club), leur vieil ami Ian Caple (Tindersticks, Bashung, et producteur de Daily Music Cookin', en 2006) et Jesper Reginal (Junior Senior, Superheroes) ont posé leur patte sans dénaturer un Lp qui conserve une belle cohérence. En ouverture, figure l’explosif Good Morning en compagnie d’une Laetitia Sheriff à la sensualité électrifiée. S’ensuivent les riffs tordus des Kinks, traversés de samples en spirales et d’éclairs sonores (Get Down). Ici, tout n’est qu’ébullition, de cette épopée cavalière pour vibraphones et cordes à la John Barry (Strange Day) jusqu’à Boxful Of Pranks, collision jubilatoire entre soli cradingues et jungle bruyante.
Sans oublier quelques surprises : le single Où Vont Les Cons ? accueille Michaël Furnon, intenable avec Mickey 3D et parfait chez les autres (souvenez-vous de Un Peu Après Minuit, avec Ginger Ale). Son chant neurasthénique sied à merveille à ce titre je-m’en-foutiste façon Jacques Dutronc – à qui Bikini Machine avait rendu hommage voici trois ans. Plus loin, Mister Syncope est un clin d’œil au Vendéen Katerine. Preuve que ces adeptes de Vespas bardés de rétro(futurisme), à l’aise dans les deux langues et dans tous les styles, se fichent des querelles de clochers ruinés, et sont les dignes membres d’une grande famille décomposée réunissant Rubin Steiner ou HushPuppies. Bikini Machine est sur le point de quitter son statut de petite curiosité enthousiasmante, pour devenir un grand groupe qui compte. Enfin.
Mais pour cet Album Complet, Bikini Machine a vu les choses en grand. Ses chansons ont fait le tour du monde (New York, Brighton, Copenhague) pour mieux se faire griffer par quelques sommités : Jon Spencer, oncle d’Amérique de l’Europe énervée (PowerSolo, The Craftmen Club), leur vieil ami Ian Caple (Tindersticks, Bashung, et producteur de Daily Music Cookin', en 2006) et Jesper Reginal (Junior Senior, Superheroes) ont posé leur patte sans dénaturer un Lp qui conserve une belle cohérence. En ouverture, figure l’explosif Good Morning en compagnie d’une Laetitia Sheriff à la sensualité électrifiée. S’ensuivent les riffs tordus des Kinks, traversés de samples en spirales et d’éclairs sonores (Get Down). Ici, tout n’est qu’ébullition, de cette épopée cavalière pour vibraphones et cordes à la John Barry (Strange Day) jusqu’à Boxful Of Pranks, collision jubilatoire entre soli cradingues et jungle bruyante.
Sans oublier quelques surprises : le single Où Vont Les Cons ? accueille Michaël Furnon, intenable avec Mickey 3D et parfait chez les autres (souvenez-vous de Un Peu Après Minuit, avec Ginger Ale). Son chant neurasthénique sied à merveille à ce titre je-m’en-foutiste façon Jacques Dutronc – à qui Bikini Machine avait rendu hommage voici trois ans. Plus loin, Mister Syncope est un clin d’œil au Vendéen Katerine. Preuve que ces adeptes de Vespas bardés de rétro(futurisme), à l’aise dans les deux langues et dans tous les styles, se fichent des querelles de clochers ruinés, et sont les dignes membres d’une grande famille décomposée réunissant Rubin Steiner ou HushPuppies. Bikini Machine est sur le point de quitter son statut de petite curiosité enthousiasmante, pour devenir un grand groupe qui compte. Enfin.
1 réaction réagir
Justement !
J’ai vu que le mag Longueur d’Ondes – scène indie francophone – fêtait ses 30 ans (!), le 11 mai au Krakatoa de Mérignac (la salle de l’ancien manager de Noir Dés’)
> Randy Mandys, puis Didier Wampas accompagné des Bikini Machine sur scène.
C’est gratos et faut s’inscrire là : http://www.facebook.com/events/388939731117241/