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Biographie

Figure de proue du mouvement Riot Grrrl, Bikini Kill est né en 1990 de la rencontre de Kathleen Hanna, Kathi Wilcox et Tobi Vail (ex-The Go Team, à ne pas confondre avec le groupe Britannique homonyme). Tout d’abord simple fanzine, le projet devient groupe lorsque le trio décide de joindre le geste à la parole. Rejoint par Billy Karen (ex-The Go Team également), le néo-quatuor Bikini Kill signe en 1991 un Ep éponyme produit par Ian McKaye (Minor Threat, Embrace, Fugazi) sur le label Kill Rock Star. L’année suivante, le groupeparcourt le Royaume-Uni et en profite pour enregistrer un split-album avec les sensations britanniques du moment, Huggy Bear.

L’explosion du mouvement (?) grunge va jeter Bikini Kill sous les feux des projecteurs. Contemporaine dudit mouvement, comptant de nombreuses connexions (autant musicales qu'amicales), la scène riot grrrl prend sa source dans le malaise et la frustration des femmes face au machisme qui domine la société en général et, en l’occurrence, le punk rock. Les demoiselles propagent alors leur discours féministe en utilisant les moyens classiques du DIY : disques, fanzines, et films (le documentaire  It Changed My Life: Bikini Kill In The UK, réalisé par Lucy Thane, relate le périple britannique de Kathleen et ses copines). Si Bikini Kill et Bratmobile en sont les instigatrices (ces dernières ont créé le terme pour baptiser leur fanzine), il ne faut pas oublier Babes In Toyland, L7, Sleater-Kinney ou Hole. Malheureusement, les propos de ces féministes radicales et engagées (Hanna a été bénévole dans un foyer d’accueil pour femmes battues) sont déformés et caricaturés. Dès lors, Bikini Kill, qui refuse cette position de porte-parole , rejette la presse mainstream.

À la différence de la première génération punk rock, Bikini Kill ne fait pas table rase du passé, et sait reconnaître ce qu’il doit à ses aînées, qu’elles s’appellent The Slits, X-Ray Spex, Patti Smith ou Joan Jett. Cette dernière produira d’ailleurs le single Stoogien New Radio/Rebel Girl. En retour, Hanna signera la chanson Spinster, sur l’album Pure And Simple de l’ex-Runaway. En 1992, paraît  Pussy Whipped, premier album qui évoque à la fois les Ramones et Black Flag (Alien She), le garage rock des Sonics (Speed Heart), le tout passé à la moulinette hardcore de la scène de Whashington DC (Minor Threat en tête). Deux ans plus tard, les deux premiers mini-Lp's sont réunis sur un album sobrement intitulé The Cd Version Of The First Two Records.  En 1996, Reject All American, plus abouti et moins brouillon, conserve néanmoins une rage intacte (Capri Pants), et l’on trouve des titres flirtant avec la pop (False Start) ou le punk rock à l’ancienne (Reject All American). Malgré l’accueil chaleureux que reçoivent ces deux albums, Bikini Kill se sépare début 1998. Un an plus tôt, Kathleen Hanna avait publié un album solo intitulé Julie Ruin. Ce projet electro lo-fi ne fait pas long feu, mais préfigure déjà la suite : c’est  au cours d’une interview donnée à un fanzine (encore !) de Portland qu’Hanna fit la connaissance de Johanna Fateman, future Le Tigre.