À quelques semaines de distance au
cinéma, se présentent deux facettes antinomiques de Bertrand Burgalat. Juste
après Belleville Tokyo, premier long-métrage
d’Elise Girard pour lequel il a composé une musique concise, chaleureuse et
actuelle en utilisant des sons apparemment synthétiques, le voilà qui se fait
au contraire plus étayé et inquiétant pour celle de My Little Princess, un autre premier long-métrage réalisé par Eva
Ionesco, avec des sons apparemment plus organiques et rétro, ceux qu’ils
affectionnent généralement. Les vingt-neuf vignettes instrumentales qui
composent cette bande originale sont effectivement plus proches des albums
officiels de BB que ses musiques composées naguère et en marge pour les films
de Valérie Lemercier. Il est vrai que l’esprit à la fois rocambolesque et
inquiet de The Sssound Of Mmmusic (2000) ou Portrait-Robot (2005) se conjugue tout à
fait au récit d’Eva Ionesco, qui voit une mère demi-mondaine (incarnée par Isabelle
Huppert) exploiter sa fille de manière vampirique pour accéder à la célébrité,
sous la forme de travaux photographiques licencieux et morbides, vers la fin
des années 70.
Une histoire de possession terrifiante, épique, merveilleuse et souvent drôle, d’où la psychologie est exclue, comme dans tout film d’épouvante qui se respecte. L’effroi est arbitraire ou n’est pas. Bertrand Burgalat a dans ce cas tout loisir de se faire le plus suggestif possible afin d’accompagner ces deux anti-héroïnes qui se pourchassent dans un décor de fête foraine, à mi-chemin de Peau D’Âne (1970) de Jacques Demy et d’un giallo italien. Jamais il n’avait paru avoir une telle latitude au cinéma, et on le sent effectivement en pleine possession de ses moyens, talonnant ses aînés compositeurs pour le cinéma mais, à l’instar d’Eva Ionesco, sans déférence réductrice pour l’époque et la mythologie des jeunes gens modernes et d’un certain Paris de la fin des années 70. En deux mots, une totale réussite.
Une histoire de possession terrifiante, épique, merveilleuse et souvent drôle, d’où la psychologie est exclue, comme dans tout film d’épouvante qui se respecte. L’effroi est arbitraire ou n’est pas. Bertrand Burgalat a dans ce cas tout loisir de se faire le plus suggestif possible afin d’accompagner ces deux anti-héroïnes qui se pourchassent dans un décor de fête foraine, à mi-chemin de Peau D’Âne (1970) de Jacques Demy et d’un giallo italien. Jamais il n’avait paru avoir une telle latitude au cinéma, et on le sent effectivement en pleine possession de ses moyens, talonnant ses aînés compositeurs pour le cinéma mais, à l’instar d’Eva Ionesco, sans déférence réductrice pour l’époque et la mythologie des jeunes gens modernes et d’un certain Paris de la fin des années 70. En deux mots, une totale réussite.