On ne compte plus les scènes et les festivals où Bertrand Burgalat est allé défendre son très classe The Sssound Of Mmmusic. Cela témoigne, d'une part, d'une volonté farouche d'en découdre avec l'exercice scénique, d'autre part, d'une affinité finalement avérée avec cette dernière. Ceux qui ont pu assister à l'une de ces prestations pourront confirmer l'opportunité de publier un album live, qui ne coulait pas de source au vu du caractère élaboré et cosy du travail studio du patron de Tricatel. Il ne faut pas non plus omettre la part live que Burgalat a consacrée à ses soirées parisiennes, plus connues sous le nom de Club Tricatel, où il n'hésitait pas le plus souvent à s'emparer d'un manche laissé vacant. Sous le patronyme sportif d'A.S Dragon, se dissimulent tout aussi bien deux ex-Montecarl qu'un guitariste d'Eggstone ou un ancien claviériste de Kojak. Ceux-là s'avèrent, en tout cas bien, plus qu'un fonctionnel backing-band live tant le musicien à la raie de côté la plus irréprochable de la pop française sait faire preuve d'esprit d'équipe. L'A.S Dragon se veut ouvertement électrique et direct. Les passages les plus nerveux (ambiance "Simon Templar poursuit un agent double avec son Aston Martin") semblent les plus évidents et, effectivement, Burgalat & co n'a pas son pareil pour jouer du Soft Machine première période avec la rudesse furieuse des Troggs. Néanmoins, ils ne dépareillent pas sur les passages plus spatiaux ou langoureux (ambiance "Simon Templar drague une poulette russe à Monaco"). Virile donc, mais tout autant suave, comme en témoigne la reprise du Tears Of A Clown circa 1966 de Smokey Robinson & The Miracles, la fureur de l'A.S Dragon aura porté Burgalat parmi les finalistes de l'année dernière.