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Leaving The Nest de Benjy Ferree

chronique d'album
Sur le papier, l'Américain Benjy Ferree confie puiser son inspiration en plus d'une certaine ressemblance physique parmi les oeuvres essentielles du grand Will Oldham, mais c'est paradoxalement davantage à feu John Lennon que l'on pense à l'écoute de son Leaving The Net, la testostérone des Rolling Stones (période Decca) en sus. Agréable traversée de l'Atlantique artistique donc pour ce premier album logiquement soutenu par Ian Svenonius (Make Up, Weird War) lors d'un mémorable spot promotionnel diffusé sur Internet et qui bénéficie par ailleurs des talents de Brendan Canty à la batterie, mais surtout à l'enregistrement et au mixage, où l'ex-Fugazi retrouve toute la splendeur sonore élaborée par ses soins sur Save Yourself (Make Up toujours). Naviguant entre pop bastringue, rock garage enlevé et country honk optimiste, notre songwriter tombé du nid s'impose dès son premier essai comme le plus fin mélodiste entendu depuis le regretté Elliott Smith. Cinéphile aux goûts affirmés citant John Cassavettes, Jean-Pierre Melville (Le Samouraï) et Sam Peckinpah (Bring Me The Head Of Alfredo Garcia) comme références majeures à ses oeuvres, Benjy Ferree prouve les bienfaits du mélange des genres pour peu que le talent soit de la partie. Ou comment payer ses dettes (sa reprise bon enfant du A Little At A Time de Johnny Cash) pour mieux enrichir son propre répertoire (The Desert, Private Honeymoon, Hollywood Sign). Dans le même style, on ne voit guère que le premier album de Ramsay Midwood (Shoot Out At The Ok Chinese, 2002) pour conjuguer ainsi décontraction et tradition et encourager à se mettre au vert au plus vite (In The Countryside, In The Woods). Une étoile est née.
Renaud Paulik
MAGIC RPM  #107


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