On avait beaucoup aimé le foutoir génial de Junk Shop, premier opus de Benoît Rault, alias Ben's Symphonic Orchestra. Mais on était vaguement inquiet: comment le multi-instrumentiste surdoué allait-il passer le cap réputé délicat du deuxième album? Autant dire que l'écoute de Drifting est un agréable soulagement. Treize morceaux riches et jamais surchargés, à haute teneur mélodique, où Ben multiplie les arrangements bricolés et élégants, mêlant folk délicat (Old Lady, From Hull To Hawaï, Bring Me Back To My Country) et orchestrations démesurées de synthétiseurs défraîchis (If You Want To Be My Lady...). À la croisée, au hasard, des Beatles et de Captain Beefheart, il évoque immédiatement le Beck de la période Odelay, cette jubilation à multiplier les mariages contre-nature. On retrouve sur Drifting quelques proches de Ben, venus en renfort, de Don Nino à Mr. Neveux en passant par Fabio Viscogliosi ou Jean-Michel Pires, batteur qu'on ne présente plus. De cet album de haute volée, magnifique de bout en bout, transpire un réel plaisir de faire de la musique, une musique faite d'emprunts et qui reste personnelle.