En kiosque actuellement Commander
Quelques centaines d’écoutes n’ont pas épuisé les charmes de The Life Pursuit (2006), sans doute l’album le plus abouti de Belle And Sebastian, merveilleux recueil de chansons émancipées, point d’orgue d’une discographie pétulante qui vaut aussi pour ses coups d’éclats en singles (compilés sur l’indispensable Push Barman To Open Old Wounds en 2005, juste l’une des plus belle collection de chansons que le Royaume Uni ait jamais enfanté). Plus on laisse filer de temps après un disque comme celui-ci, plus le retour aux affaires est attendu et donc délicat. Le groupe a fait profil bas pendant quatre ans, laissant tout loisir à ses sept membres de faire mumuse avec des filles (God Help The Girl, 2009) ou d’avoir des enfants (parfois peut-être les deux à la fois, on ne sait pas). La joyeuse troupe écossaise revient en très bonne forme mais légèrement repliée sur le pré carré qui la fit autrefois reine des cœurs d’artichauts, celui d’une pop mauviette légère, sensible et irrésistible.



Une voilure un peu réduite, avec moins d’arrangements, moins de muscles, plus de synthétiseurs et des chansons qui pourraient dater de 1998. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est un compliment : Read The Blessed Pages ou la formidable The Ghost Of Rockschool retrouvent la grâce adolescente des débuts et c’est assez émouvant. Stuart Murdoch partage toujours le pouvoir et le micro avec intelligence et générosité : I Didn’t See It Coming, son duo avec Sarah Martin, est une grande réussite, parfaitement balancée entre deux voix craquantes, propulsée par une rythmique et un piano divins avant d’exploser sur un synthé dansant. D’une incroyable fraîcheur, ce huitième album enquille les bombinettes pop (Come On Sister, I Want The World To Stop, Write About Love), baisse un peu la garde sur des ballades un poil trop longues (Calculating Bimbo ou la poisseuse Little You, Ugly Jack, Prophet John) et s’achève sur une petite explosion de pop sixties cuivrée (I Can See Your Future) et une douceur aux légers accents des années 80 (Sunday’s Pretty Icons). Largement de quoi étancher notre soif de pop et d’amour.


Vincent Théval
MAGIC RPM  #146


Réagissez

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser